28.10.2007

En passant par les berges...

332ad081573f4c811a280f70f4f04a04.jpgUne note qui s'annonce décousue, dans laquelle il sera question de sacrifices de tofu, de rêveries de promeneurs solitaires (même si je ne suis pas une fan de Rousseau) et de grandes découvertes chamboulantes... Eh oui, tout un programme, il s'en passe des choses dans la capitale de la province (et des péquenots apparemment, vu que tout le monde s'aventure à Lyon dès qu'on parle de "Décentralisation"... on se souvient encore des escarpins de Mme Boutin dans les flaques de la place Bellecour, une vraie opération commando comme on n'en connaît pas au ministère rue de Varenne !).
 
Commençons par les tofus, grillés, tranchés puis sacrifiés sur l'autel de la gourmandise. Qui ferait subir un pareil sort à ces pauvres pavés de lait de soja caillé ? Un chef japonais pardis ! Un maître habile du jonglage avec salière et poivrière, de la découpe aisée et étonnamment rapide des crevettes, langoustes et filets de saumon, le tout grillé et assaisonné de sauce teriyaki. Un vrai spectacle sous les yeux des convives, émerveillés, assis autour de la plaque chauffante. Tout s'enchaîne, sans jamais avoir l'impresssion d'attendre le plat suivant car il est préparé devant vous, et honnêtement, manger avec des baguettes, je trouve ça particulièrement amusant ^^ Je remercie tout de même mon chef de service pendant mon stage de cet été, qui m'a appris à manger proprement et élégamment avec ces ustensils... Je vous recommande donc chaudement de faire un tour chez Fubuki à l'occasion, justement RPPP (Recommandé Par le Petit Paumé, le guide de Lyon créé par les étudiants de l'EM Lyon). C'est un peu cher, comme la plupart des restaurants japonais, mais la qualité a un prix et la performance culinaire vaut le coup d'œil.
 
Ensuite, une petite balade dominicale sur les berges du Rhône nouvellement aménagées fut l'occasion de constater une fois encore que les Lyonnais apprécient l'endroit. Un concert de sonneries de vélos excédés par les piétons qui empiètent sur leur piste cyclable et de sonneries de Vélo'v qu'il va bientôt falloir ramener, d'enfants bruyants et remuants, puis de parents tentant de se faire respecter par leur progéniture si bruyante et remuante, une course de joggers forcenés (honnêtement, aller courir sur les berges un dimanche après-midi quand il fait beau, c'est comme essayer de traverser la rue de la Ré en voiture pendant les soldes...), des ragots de vieilles dames fripées, des trentenaires branchés qui prennent un verre à la terrasse du Sirius... Bon, comme d'habitude, je caricature et je ne suis pas toujours très bonne langue, mais je pense que vous aurez saisi l'image : tout le monde, ou presque, vient prendre l'air sur les berges (les autres sont en général au parc de la Tête d'Or, lui-même relié aux berges).98ad4a182b9c977409b023bdf21d8601.jpg
Et sur les berges aussi il y a du spectacle : le skate bowl, au niveau du pont de la Guillotière, est propice aux démonstrations de skaters, roller-bladers et bikers. Le public est assis sur les gradins, applaudit les figures les plus impressionnantes, lance des "oh !" et des "ah !" lors d'une chute ou d'un rattrapage de justesse. Fait marquant : il est vraiment diversifié. Des jeunes et des vieux, des hommes et des femmes, des spécialistes et des néophytes, des familles, des couples, des promeneurs solitaires... Et c'est vraiment amusant de voir tous ces gens qui se retrouvent à cet endroit. La photo n'est pas très représentative (beaucoup plus de monde et les casse-cous n'étaient pas aussi jeunes) et je me suis encore mordu les doigts de ne pas avoir pris mon appareil photo.
 
Enfin, j'ai fait une découverte révolutionnaire. J'avoue que c'est un peu honteux pour une lyonnaise d'origine, mais je ne m'étais jamais posée de questions quant à la provenance des bateaux-mouches parisiens. C'est vrai après tout, on n'en trouve que là-bas il me semble et la "Compagnie des bateaux-mouches" y est bien présente, donc en toute logique, cette espèce de péniche qui trimballe des touristes, emblématique de la ville de Paris, devait bien avoir été construite là-bas. C'est vrai que le nom m'intriguait (franchement, le rapport entre ce bateau et une mouche est loin d'être évident...), mais comme cela ne m'a jamais empêchée de dormir, je ne m'en suis pas préoccupée. Comme vous pouvez vous en douter, j'ai découvert aujourd'hui, au détour d'une exposition sur ces fameuses berges du Rhône, que ces bateaux sont en fait lyonnais (et toc ! ;-)) et en plus, j'ai une explication pour leur nom ! Ces bateaux ont été créés au XIXe siècle pour exploiter une ligne entre la Mulatière et Vaise (Sud-Ouest et Ouest de Lyon, donnant sur la Saône) et la compagnie d'exploitation a ensuite gagné le concours pour desservir la ville de Paris. D'où vient donc la mouche ? Eh bien du quartier où ont été construits ces bateaux : le quartier de la Mouche, anciennement situé dans le 7e arrondissement, dans le quartier de Gerland (oui, celui du stade de foot ;-)). Et en plus de cela, Wikipédia est d'accord avec moi !
 
 
Crédits photos : le Grand Lyon