30.10.2007

Deutsche Rockmüsik #2

Voici la suite ! Je vous ai parlé ici de quelques groupes allemands que je connaissais et qui, selon moi, méritent au moins un petit coup d'oreille. Je vous présente maintenant trois groupes que j'ai découvert pendant mon séjour à Berlin le mois dernier, grâce à une Allemande fan de rock indépendant et dont j'ai longuement jalousé la collection de vinyls et CDs...
 
Tout d'abord, un groupe majeur pour la scène indépendante allemande : Tocotronic. Jan Müller (basse), Arne Zank (batterie) et Dirk von Lowtzow (guitare et chant) nous viennent de Hambourg et ont fondé leur groupe en 1993. Plus ou moins considérés comme le "Nirvana allemand", ils ont choisi leur nom en référence à l'ancêtre de la Game Boy de Nintendo : Tricotronic, un nom qui laisse supposer que nous avons affaire à un groupe de geeks... Eh bien nous ne sommes pas loin de la réalité, puisqu'en bons indie nerds, leur premier album, de 1995, s'appelle Digital ist Besser (le digital, c'est mieux) et ils ont remis le vieux survêt' Adidas au goût du jour en Allemagne, ce qui donne à peu près ça :
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Pas évident de retrouver cette photo, puisque leur style vestimentaire s'est sensiblement amélioré depuis cette époque... 
 
En plus d'avoir inspiré de nombreux groupes actuels (comme Kettcar) et représenté l'apogée de la Hamburger Schule (littéralement Ecole de Hambourg, en référence à la Frankfurter Schule, groupe de philosophes), ils sont également connus pour leur engagement politique. Malgré les nombreuses sollicitations de majors pour les faire signer chez eux, ils ont longtemps résisté à ce système en restant sous le label hambourgeois "L'âge d'or" qui a malheureusement fait faillite récemment. Leur dernier album, Kapitulation, est ainsi sorti cette année sous le label Vertigo Be (Universal).
 
 
Freiburg - Digital ist Besser (1995)
 Un cri de haine envers les étudiants de Fribourg, trop propres sur eux et donneurs de leçons ;)
 
 
 
Jackpot - K.O.O.K. (1999)
Un live du Reeperbahnfestival de Hambourg
 
 
 
Kapitulation - Kapitulation (2007)
Leur dernier clip... relativement clair. 
 
Pour finir, un article (en français !!) un peu ancien mais complet qui vous donnera plus de précisions sur le groupe : ici. Il est particulièrement difficile de trouver des articles de qualité sur ces groupes, comme vous pouvez vous en douter.
 
Pour les suivre : leur site officiel, leur page Myspace et un article sur Wikipédia (en allemand). 
 
 
La suite va être plus difficile à vour présenter, puisque les groupes étant beaucoup moins connus, il est moins facile de trouver des sites appropriés... Et puis je les connais moi-même beaucoup moins bien.
Tchi, un groupe formé il y a une dizaine d'années par Jan Reichelt, Dennis Frank et Eike-Christian Heine et originaire de Braunschweig en Basse-Saxe (dont la capitale est Hanovre). La cambrousse allemande par rapport à Hambourg donc et comme souvent, les artistes qui s'ennuient créent des choses intéressantes (il n'y a qu'à regarder du côté des Anglais ;-)). Impossible de vous trouver des vidéos sur youtube ou dailymotion, et à vrai dire, je ne suis pas sûre qu'il en existe au milieu de toutes les versions de Tchi Cum Bah des Superbus. Cependant, leur page MySpace est active et je les ai même trouvés sur une autre plateforme que je ne connaissais pas : VIRB°, une sorte de MySpace, mais en plus classe je trouve, où l'on peut mettre tout ce qui nous chante (photos, vidéos, blogs...). Justement, en parcourant cette page je suis tombée là-dessus : Schöne Grüße - stehen stolpern
 
Vous pourrez donc trouver tout ce qui vous intéresse sur leur page MySpace et leur VIRB° (leur dernier album stehen stolpern est bien sympa et à écouter en partie sur cette page).
 
 
Enfin, probablement le groupe que je préfère des trois : le mobilé, un groupe berlinois composé de Frank Neuer (basse), Marius Beutel (guitare), Peer Göbel (chant, guitare) et Ralf Neuer (batterie). Si l'on peut percevoir, encore et toujours, l'influence de Tocotronic, je pense qu'elle réside plutôt dans le déclencheur, c'est-à-dire que ce groupe s'est lancé car d'autres l'ont fait avant eux, en allemand et avec une musique et des textes travaillés. La direction choisie ensuite est différente, même si l'on retrouve chez ces deux groupes un côté dilettante, Tocotronic a des convictions politiques et des revendications quand mobilé cultive une mélancolie touchante et varie l'utilisation de ses instruments (écouter la version acoustique de Solitär). Plus proche des groupes/artistes indépendants anglophones (je pense notamment à Mogwai), mobilé s'ancre et persiste dans vos oreilles grâce à ses mélodies et ses arrangements relativement simples et cette voie tellement particulière. Personnellement, je ne reste pas insensible à la mélancolie, pas forcément morose d'ailleurs, qui s'en dégage et même sur les morceaux plus électro.
Un petit passage par leur discographie :
Nennen wir es den Tag (2003)
Kartographie (2006) (plus rock)
Tschaikowski (2007) (plus instrumental)
 
 
 
Solitär - Kartographie
 Le single de l'album, très efficace.
 
 
 
Svont - Lieder, um sie auf das Ende eines Mixtapes zu machen
Album solo de Peer Göbel, le chanteur, composé de chansons courtes pour terminer les cassettes ^^
NB : je ne sais pas d'où lui vient cette obsession pour les dinosaures en plastique. 
 
 
Pour finir, vous pouvez les trouver sur leur site officiel et leur page MySpace. A écouter sans modération !  
 
Et pour les plus curieux, un autre groupe à découvrir intéressant également, mais dont je n'ai pas le temps de parler : die Sterne (ici et ).
Et pour rire un peu, parce que tout ceci est un peu trop sérieux, je vous présente les concurrents de Tokio Hotel : Cinema bizarre (non, tous les Allemands ne se baladent pas comme ça dans la rue, je vous assure !)... et en plus, je crains qu'ils commencent à avoir du succès en Europe eux aussi (et honnêtement, je préfère les premiers).
Voilà, j'espère que cette incursion en Allemagne vous aura plue, je vous ai proposé des alternatives à la soupe à laquelle on a ou va avoir droit sur les ondes, faites vos choix !

12.10.2007

Deutsche Rockmüsik #1


04c1e1a27fd2b1e01dee1321855ba9a1.jpgComme promis, voici ma note concernant la musique allemande, et plus précisément la musique pop et/ou rock en Allemagne. Pourquoi ? Parce qu'elle est malheureusement plutôt méconnue chez nous, ou alors mal représentée... Non, le rock allemand ne se limite pas à deux groupes et une chanson : les vieux métalleux de Rammstein (un bon défouloir au second degré cela dit), les jeunes gothico-manga-glam de Tokio Hotel (qui donnent du boulot au Goethe Institut, c'est déjà ça ;-)) et 99 Luftballons. Je vais donc commencer par vous présenter trois groupes que je connaissais avant d'aller à Berlin cet été, trois groupes qui me paraissent plus représentatifs de ce que l'Allemagne a à offrir, musicalement parlant. Les découvertes viendront dans une prochaine note, comme je peux être très bavarde, je pense que c'est mieux pour éviter la dispersion ^^
 
Commençons chronologiquement. Le premier groupe n'est pas le meilleur, mais il témoigne de l'époque punk de Berlin (Ouest) dans les années 80 et je les trouve plutôt sympathiques car ils ne se prennent pas au sérieux et au moins ils ont toujours chanté en allemand. Die Ärzte, ou Les Docteurs (je n'ai pas dit que c'était toujours de bon goût ;-)), est composé de Farin Urlaub, le chanteur aux cheveux péroxydés (ou bleus ou rouges selon les époques), Bela B. à la batterie et Rod, le bassiste chilien. Ils sont populaires en Allemagne et connus pour leur militantisme politique : profondément antifascistes, beaucoup de leurs textes attaquent les néo-nazis, qu'ils jugent être des idiots en manque d'affection dans la chanson qui les a rendus célèbres, Schrei nach Liebe (littéralement : "cri après l'amour"). Plus récemment, Die klügsten Männer der Welt ("les hommes les plus intelligents du monde"), dénonce le pouvoir et l'arrogance des chefs d'Etat. Mais "Die beste Band der Welt" ("le meilleur groupe du monde"), comme ils s'amusent à se définir, possède aussi quelques ballades à son répertoire, avec les thèmes très classiques de l'amour et de la rupture : Mach die Augen zu ("ferme les yeux"), notamment.
Bien entendu, tout est en allemand, donc pas forcément très accessible pour nous pauvres Français nuls en langues étrangères, mais les clips retranscrivent assez bien l'esprit et il est toujours temps de se remettre à la langue de Goethe ;-).
 
 
Schrei Nach Liebe 
 
(regardez bien les petites têtes qui défilent au-dessus des paroles)
 
Mach Die Augen Zu (und küß mich...) 
(oui, c'est très kitsch ;-), mais cela date de 1993) 
 
  Pour les suivre : leur site officiel (intégralement en allemand) et leur page Myspace (mais elle n'est pas vraiment à jour).
 
 
Ensuite, je vous présente les Wir Sind Helden ("nous sommes des héros"), composé de Judith Holofernes (guitare, chant), Jean-Michel Tourette (claviers, guitare) et Pola Roy (batterie), qui se sont rencontrés en 2000 lors d’un séminaire sur la musique pop à Hambourg. Rejoints plus tard par Mark Tavassol (basse), ils participent au renouveau de la "NDW" ("Neue deutsche Welle" ou nouvelle vague allemande) initiée il y a quelques années de cela par la chanteuse Nena (eh oui, encore elle) et définissent leur musique comme un mélange de "28 % de sons synthétisés, 34 % de punk et 38 % de pop". Mélange qui plaît beaucoup en Allemagne, puisque le groupe se classe souvent en tête des ventes. Le groupe est d'ailleurs reconnu pour l'originalité de sa musique et de ses clips, ainsi que de ses textes, drôles et réalistes. L'exemple le plus amusant pour nous est la chanson Aurélie, qui relate les déboires d'une Française en Allemagne qui a du mal à surmonter les différences culturelles, notamment dans le domaine de la séduction...
Et bonne nouvelle, le groupe n'a pas l'intention de rester cloîtrer dans ses frontières et compte s'attaquer à la France (l'attaque a déjà débuté puisqu'ils étaient en concert à Paris fin septembre). En effet, trois des membres du groupes sont francophones, quelques chansons sont déjà sorties en version française (Von Hier an Blind, rebaptisée Le videGuten Tag et Aurélie justement) et leur dernier album Soundso sort le 22 octobre en France. Et deuxième bonne nouvelle pour les non-germanophones, le site francophone du groupe a traduit (littéralement) les paroles (ici pour Aurélie).
Pour l'appréciation personnelle, je les ai vus sur scène au Sziget Festival de Budapest et c'est extrêmement plaisant de voir un groupe généreux, qui dialogue avec son public, établit une vraie complicité et s'amuse avec ses chansons en inventant différentes versions. En clair, j'ai adoré !
 
Et maintenant quelques morceaux choisis pour vous faire une idée :
 

Nur ein Wort - Von Hier An Blind
"Juste un mot", un clip créatif et un gros tube en Allemagne en 2005
 
 
 
Aurélie - Die Reklamation
La qualité n'est pas fabuleuse, mais c'est le seul clip que j'ai trouvé.
 
 
 
Denkmal - Die Reklamation
"Hymne de la génération 2000 allemande" paraît-il, un live de "Monument". 
(j'ai privilégié la qualité sur l'ambiance...) 
 
 
Toutes les infos sur le groupe : le site officiel, le site francophone, la page Myspace et tous leurs clips ici (ne pas faire attention au reste du site...).
 
 
Le dernier groupe que je vous présente cette fois-ci s'appelle Kettcar (une marque de voitures à pédales pour enfants si certains se demandent) et est originaire de Hambourg. Il faut savoir que la plupart des (bons) groupes vient de cette ville, car la scène locale est très active (et je vous parlerai la prochaine fois de Tocotronic qui a lancé le phénomène et inspire tous les nouveaux). En général, ceux qui vont à Berlin pour réussir sont moins intéressants.
Bref, Kettcar est composé de 5 musiciens, dont Marcus Wiebusch (chant et guitare) et Reimer Bustorff (basse et chant/chœur), les fondateurs. Au départ orienté punk avec le groupe But Alive ! dans les années 90, Marcus Wiesbuch s'est tourné vers le rock à la sauce hambourgeoise (un peu pop, mais différent des groupes britanniques). Ce groupe rencontre pas mal de succès en Allemagne, mais reste confidentiel en France, car ils chantent intégralement en allemand et ne cherchent pas à s'exporter. Ils sont toutefois à signaler, car leur musique est riche et leurs textes travaillés, même si tout le monde ne peut pas l'apprécier. Voici d'ailleurs un article dithyrambique à leur sujet de Pop-Rock.com à propos de leur dernier album Von Spatzen und Tauben, Dächern und Händen
 
 
 
Deiche - Von Spatzen und Tauben, Dächern und Händen 
Une de mes préférées
 
 
 
48 Stunden - Von Spatzen und Tauben, Dächern und Händen 
 
 
 
Balkon gegenüber - Du und wieviel von deinen Freunden
 
 
 
Balu - Von Spatzen und Tauben, Dächern und Händen 
  

 Pour plus d'informations : leur site officiel (possibilité d'écouter leur premier album) et leur page Myspace.

20.09.2007

CS pour les intimes

fa5b0bb09aaa480a537cdd9db792df4a.jpgComme promis, un petit condensé de mes aventures berlinoises grâce au Couchsurfing, CS pour les intimes. Oui, je vous donne les astuces pour vraiment crâner en société et vais vous relater ma première "expérience CS".
Je l'avais déjà annoncé avant de partir, ces vacances laissaient une grande place à l'improvisation et cela m'a fait du bien d'être capable de le faire. Partir sans trop savoir où l'on va dormir la nuit prochaine, ni qui va nous héberger et comment cela va se passer. Et surtout, ne pas s'en inquiéter ! Je ne sais pas si j'ai eu une crise d'inconscience, mais j'avais envie de me prouver que j'étais tout à fait apte à me laisser guider par l'imprévu, tout en profitant du moment présent. D'habitude, je prévois tout à l'avance, les billets de train/avion/bus, les nuits d'hôtel/en auberge de jeunesse/en camping. Pas parce que j'angoisse à l'idée de partir, au contraire, j'adore ça, mais parce que cela me plaît d'imaginer mon voyage, de chercher le meilleur compromis entre le prix, le confort et le capital sympathie du lieu, de me renseigner sur tout ce qu'il y a à faire et à voir sur place et finalement d'établir une sorte de programme de visite. J'aime cela car j'ai déjà l'impression de voyager avant de partir de chez moi et cela me permet de sortir de ma routine. Seulement, le problème, c'est qu'une fois sur les lieux, tout me paraît moins excitant car je me suis déjà fait mon idée avant, je ne prends pas suffisamment le temps de me promener un peu au hasard car mon planning est trop serré et je pense déjà à ce que je vais faire ensuite, sans m'arrêter pour apprécier pleinement ce que j'ai sous les yeux. Je voulais donc être capable de profiter autrement, un peu comme les hommes (du moins ceux que je connais), qui, malgré tous les contre-exemples qui peuvent exister, se prennent beaucoup moins la tête que nous.
 
Ce voyage constituait donc une sorte de revenche sur ma quasi-obsession à la planification et l'organisation du temps et je suis fière d'y être arrivée en étant aussi détendue. Quelques détails maintenant que je me suis auto-congratulée et félicitée d'un tel détachement... Ma coloc et moi nous sommes donc posées, pleines de sérénité, sur le sol allemand. Premier couac : ma valise ne nous avait pas suivi. Grande habituée de ce genre de surprises (environ une fois sur deux pour le moment, j'ai beaucoup de chance), je me suis dirigée en râlant vers le comptoir pour les réclamations et ai plus ou moins réussi à faire comprendre (en allemand) à l'employé que ma valise n'était pas arrivée et que, non, je n'avais pas d'adresse fixe pendant la semaine à part la première nuit en auberge de jeunesse. Je vous passe le regard suspect auquel j'ai eu droit et ai décidé de prendre les choses du bon côté. Après tout, je me déplacerai plus facilement et mon bon mauvais pressentiment m'avait fait conserver ma brosse à dents dans mon sac à main. Heureusement, je l'ai récupérée le lendemain et je vous laisse imaginer le bonheur de pouvoir se changer et de dormir en pyjama... Entre-temps, nous avons eu des nouvelles d'une Allemande contactée au tout début qui acceptait toujours de nous héberger et qui était désolée de ne pas avoir pu nous répondre à temps. Nous avions finalement un toit pour notre dernière nuit.
Après l'auberge de jeunesse, notre première hôte, une Française en échange Erasmus à Berlin, nous a accueilli chez elle. C'était plutôt amusant car la discussion était facile pour tout le monde et nous avons mangé des pancakes pour le petit-déjeûner, ce qui était plutôt agréable. Nous avons visité avec elle le quartier de Kreuzberg (j'en parlerai plus en détail dans une note consacrée à la ville) avec d'autres étudiantes de son université d'accueil, car cette visite constituait un devoir d'allemand suivi d'un exposé. Nous n'avions pas prévu de visiter ce quartier à ce moment-là, mais c'était l'occasion de s'y promener. Pendant ce temps-là, j'échangeais des sms avec notre deuxième hôte CS pour savoir où et à quelle heure on devait se retrouver : 2h avant d'arriver chez lui, je ne connaissais toujours pas son adresse et encore moins comment m'y rendre. Ce genre de situations apprend à faire confiance aux gens et cela fait du bien. Le contact est bien passé avec ce Polonais et nous avons passé de grands moments de franche rigolade à essayer de prononcer des mots en polonais (et lui en français). Nous lui avons malheureusement ruiné beaucoup de ses chansons en français en lui traduisant les paroles (Moi Lolita et Pas de bras pas de chocolat notamment) et lui nous a traînées dans Berlin pour nous faire découvrir le Club der Polnischen Versager (ou club des losers polonais), qui évidemment était fermé le dimanche. Le bar de repli était en rénovation, mais finalement nous avons atterri dans un lieu plutôt étrange : un bar au fond d'une cour un peu glauque ou nous avons été accueillis par ça :
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Sympathique n'est-ce pas ?
 
La soirée, qui annonçait un grand numéro de Loser Polonais, s'est finalement bien terminée et nous n'avons pas été déçues du voyage, car je doute qu'on aurait osé rentrer dans cet établissement si on ne nous y avait pas emmenées.
Malheureusement, le Brésilien chez qui nous devions passer les deux nuits suivantes m'a contactée en catastrophe pour m'annoncer qu'il devait quitter Berlin pour quelques jours à cause d'une urgence. Finalement, nous sommes allées plus tôt chez notre hôte allemande qui a gentillement accepté de nous dépanner deux jours de plus. Nouvel accueil chaleureux, aidé il faut l'avouer par notre arrivée accompagnée de pâte à crêpes. Nous nous sommes très bien entendues avec cette fille, fan de musique (sa collection de CD et vinyls m'a rendue dingue ;-)) et de bandes dessinées. Bien entendu, chaque personne possède un profil pour se présenter, donc j'avais choisi mes hôtes en fonction de leurs goûts. Nos discussions ont été très variées, des plus légères (couleurs et coupes de cheveux) aux plus émouvantes. En effet, elle a toujours vécu à Berlin-Est et a donc connu la RDA. Elle nous a raconté son père, interdit d'études de médecine car il avait quitté l'armée, les goûters d'anniversaire chez ses copains dont l'appartement était meublé exactement comme chez elle, les scouts communistes dont tous les enfants étaient membres pour "rendre service au peuple", la chute du mur où ses parents l'avaient emmenée quand elle avait 6 ans (plein de gens qui te serrent dans leurs bras et qui t'offrent des bonbons, c'est plutôt sympa à cet âge-là)... Et en même temps, elle nous a expliqué que la nostalgie de l'Est (Ostalgie en VO) venait de sa disparition brutale, car l'unification allemande a plutôt été une uniformisation, que l'on a appliqué à l'Est ce qui était en vigueur à l'Ouest sans prendre en compte ce qui existait déjà. Elle nous a ainsi raconté ce qu'elle avait ressenti en tombant sur un livre d'enfant, que tout enfant de la RDA avait eu entre les mains et presque introuvable depuis la chute du mur : pratiquement en larmes devant la vitrine de la librairie, tout comme une femme d'une quarantaine d'années à côté d'elle. Evidemment, c'est autrement plus marquant de l'entendre de la bouche d'une fille à peine plus âgée que moi, que de le lire dans un livre d'Histoire et comme le XXe siècle m'intéresse beaucoup, j'ai été particulièrement touchée par ses propres histoires.
 
Voilà, même si j'ai été un peu longue, tout cela représente ma première expérience CS : une victoire égoïste sur moi-même dont j'avais besoin et une vraie ouverture culturelle que je cherchais. J'ai rencontré des gens vraiment différents qui ont accepté de partager avec moi plus que leur toit : leur vision du monde à leur niveau, leurs goûts et leurs petites habitudes. Que dire de plus à part que je propose également mon canapé en ligne maintenant ? 
 
 
PS : Bien sûr, cette vision idyllique n'exclut pas qu'il peut y avoir des problèmes, mais du moment que le surfeur ne cherche pas uniquement un endroit où dormir gratuitement, il y a de grandes chances que l'hôte accepte volontiers de faire découvrir sa ville et sa culture. 
 

05.09.2007

Bärlin

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Je m'apprête à partir pour les vacances les plus improvisées qui soient ! Et pourtant, ce n'est pas faute de m'en être occupée en avance, mais il y a quand même six heures, je ne savais toujours pas où j'allais dormir à Berlin pendant une semaine, alors que je prends l'avion demain...
Cette année, je teste le Couchsurfing, dont vous avez probalement déjà entendu parler, c'est plutôt à la mode dans les reportages de vacances en ce moment. Je trouve le concept génial, dormir chez l'habitant, sur son "canapé" ou plutôt là où il y a de la place, sachant qu'on choisit les gens d'après leur profil. C'est donc également l'occasion de découvrir de nouvelles personnes, d'autres cultures et la ville que connaissent les gens qui y habitent. Jusqu'à présent, je m'étais contentée de trouver le concept génial, mais cette fois-ci je saute le pas et je me lance. Ce voyage a été décidé sur un coup de tête avec ma colocataire durant nos envies d'ailleurs au cours des révisions du mois de juin. Je suis quelqu'un de réfléchi et d'organisé, mais en ce moment cela me pèse et j'ai envie de ne plus gâcher le présent parce que je me préoccupe du futur. Je passe un peu d'une extrême à l'autre et je pense que je vais être servie pendant cette semaine, mais cela me fera du bien :)
 
Pour le moment, on doit attérir dans une auberge de jeunesse (s'ils me répondent...) pour la première nuit, en plein coeur de la ville. Puis on doit boire un verre avec une Française en échange Erasmus pour un an, afin de faire connaissance avec elle avant de passer la nuit sur son matelas gonflable. Ensuite, un Polonais a proposé de nous accueillir pour le week-end et enfin, un Brésilien en vacances, mais qui connaît très bien la ville pour y avoir habité, nous hébergera normalement deux jours la semaine prochaine. En plus, il est architecte-urbaniste, donc je devrais bien m'entendre avec lui.
Bon, il faut avouer que lorsque j'ai annoncé que je partais en vacances à Berlin, beaucoup de gens m'ont regardée avec des yeux ronds, en se demandant bien pourquoi j'allais en Allemagne plutôt qu'au soleil. Tout d'abord, le soleil (et la chaleur), il faut aller bien trop loin pour les trouver, et ce ne sera pas plus mal pour mon teint de blonde (restée en ville tout l'été). Mais surtout, l'Allemagne m'attire. Je fais partie des exceptions qui n'ont pas détesté l'apprentissage de la langue et ma première expérience en Allemagne, un stage ouvrier dans une usine près de Mayence, m'a laissé de bons souvenirs. Et puis, Berlin est la ville européenne la plus intéressante du moment selon moi. L'Histoire du XXe siècle est là-bas, même si ce n'est pas toujours glorieux (le IIIe Reich, mais aussi le jazz des années folles, le cinéma, la réunification Est-Ouest), et la création et l'innovation n'y sont pas bridées, il n'y a qu'à jeter un oeil à la vie alternative qui s'y est développée. En plus, je suis très curieuse de voir comment les deux parties de la ville sont réellement réunifiées après 18 ans.
Voilà, demain, je serai dans une ville que j'ai l'impression de connaître tellement je l'ai étudiée en cours et vue en films et je me demande quel va être le décalage avec la réalité.
Bon, c'est toujours le chaos dans ma chambre, des fringues un peu partout, des guides, billets d'avion, de train... Et à 18h, je suis dans le TGV pour Paris (oui oui, un petit extra :)). Je crois qu'il est temps que je boucle ma valise.