10.03.2008
Tengo un sueño
Ojalá se realize...
Les aventures d'étudiants d'échange sont toujours longues et pleines de rebondissements, en témoignent les amis qui ont réussi à partir et les étrangers que je croise en TD, leurs galères pour déjouer les pièges du système scolaire et pour joindre les 2 bouts des crédits ECTS, leurs incompréhensions face à une autre langue et à tout le système administratif d'un nouveau pays. Mais toutes leurs découvertes compensent très largement ces tracas et leur enthousiasme, malgré quelques coups de blues, donne envie de voyager et de partir, loin.
C'est en octobre qu'a eu lieu la journée internationale, pour présenter les universités et les pays, quand l'école ou l'université se transforme en véritable agence de voyage, quand on se voit, des étoiles plein les yeux, passer un an en Australie, en Inde ou au Chili. Ensuite, viennent les choses sérieuses, le retour sur terre, quand on réalise que le nombre de places est limité, qu'il va falloir se battre à coups de notes et de classements et que certaines destinations sont inaccessibles. Le petit carnet répertoriant tous les documents à fournir, les démarches à effectuer et les délais à respecter en main, on réfléchit, on cherche le compromis entre le rêve auquel on s'accroche et les opportunités. Enfin, on se lance, les délais sont serrés et le dossier est toujours à remettre au moment le plus chargé de l'année, quand les basses considérations scolaires prennent le dessus. Certains se découragent et on espère secrètement qu'il n'y aura pas trop de candidats pour l'université qu'on aura finalement choisie. Puis vient l'attente, quand on se dit qu'on aurait pu être plus convaincant(e) à l'entretien de motivation, parce qu'on a oublié la petite phrase qu'on avait préparée et qui aurait pu faire mouche, et quand on trépigne d'impatience de connaître la réponse.
Pour ma part, je suis restée assez lucide. Bien sûr, j'aurais bien aimé partir en échange à Singapour ou à Toronto, mais l'un des objectifs de l'échange était au moins d'essayer de partir dans la même ville que mon copain. Cela me paraît franchement niais à écrire, mais cela fait déjà un an et demi qu'il est parti faire ses études à Paris, donc c'est une occasion de se retrouver dans une ville neutre, suffisamment longtemps pour savoir si l'on est capable de vivre ensemble. Bien entendu, il fallait trouver une destination qui nous convienne pour d'autres raisons, car mettre d'accord les administrations de 2 écoles différentes pour nous laisser partir au même endroit est assez tendu.
Notre choix s'est arrêté sur Madrid, une ville que nous ne connaissons ni l'un ni l'autre, une langue que nous ne maîtrisons pas vraiment (ma vraie LV2 est l'allemand) et pas d'attirance particulière avérée pour l'Espagne et sa culture. Un choix pragmatique car il s'agissait probablement de la destination la plus facile à obtenir dans notre cas (la concurrence pour les pays anglophones est rude et j'ai déjà donné en Angleterre) et finalement un bon choix car nous partirions à égalité, aussi ignorant l'un que l'autre.
Je sais depuis fin janvier que je suis autorisée à partir, ce qui a ensuite été confirmé par mes résultats de partiels. Cela fait donc depuis un mois et demi que je sais que je vais partir (sous réserve de réussir le 2e semestre bla bla bla), mais pas si je pars seule ou accompagnée. Je me suis donc bien gardée d'imaginer ce que pourrait être ma vie là-bas, où je pourrais habiter, ce que je pourrais visiter, ce qui est d'autant plus facile que je ne sais pas à quoi la ville ressemble, et j'ai mis ce projet sagement en veilleuse, en profitant calmement du présent.
C'est pour cette raison que lorsqu'il m'a dit vendredi soir : "J'ai reçu un mail, j'ai une bonne nouvelle pour Madrid, j'ai mon échange et je peux partir dès le mois de septembre.", je n'ai pas vraiment pris la mesure de l'annonce. J'ai bien sûr répondu que c'était super, demandé des précisions et des confirmations, mais le message ne s'est pas imprimé dans mes certitudes, n'a pas brisé la coquille de protection que j'ai érigée pour ne pas être déçue. Parce qu'il y a toujours une chance que cela ne fonctionne pas et que je ne voudrais pas m'emballer trop vite.
Petit à petit, l'idée a fait son chemin pourtant. Quand ce week-end je l'ai vu chercher sur une carte où se situent nos 2 universités respectives, quand il m'a dit qu'il vaudrait mieux partir fin août ou début septembre pour trouver un logement, qu'il faudra choisir entre une colocation ou un appartement à deux... Ce glissement du conditionnel au futur et le voir planifier, alors que c'est toujours moi qui le fais d'habitude, ont ébranlé ma retenue.
Mais je me suis autorisée à y croire vraiment lorsqu'il est parti hier soir, et que sur le quai de la gare, je me suis dit qu'à la fin de l'année scolaire, il était possible que cette scène ne se répète plus pendant plusieurs mois.
Depuis l'excitation du départ monte et je savoure.

L'ours et l'arbousier
13:44 Publié dans Au jour le jour, Au pays du gazpacho | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : échange, erasmus, madrid, voyage




