25.01.2008

I love Gondry (!)

Puisque je suis lancée dans le cinéma (ma rubrique vient de s'étoffer à la vitesse grand V), autant continuer et vous parler de l'un de mes chouchous : Michel Gondry. (oui, je le mets en gras, c'est un signe de respect incommensurable)
Si quelqu'un ne sait pas de qui il s'agit, qu'il soit brûlé vif sur la place publique ! 
 
Voilà, le décor est planté, mais je vais tout de même tenter de ne pas faire de sectarisme primaire et puis c'est une bonne occasion de faire du prosélytisme, rien de moins. Revenez donc, l'Inquisition n'est pas encore pour aujourd'hui. 
Bon, même si le nom ne vous revient pas, vous connaissez forcément Michel Gondry, ou au moins son œuvre, puisque c'est un grand enfant qui a réalisé une bonne quantité de clips, pubs, courts et même longs métrages (et souvent les meilleurs, mais il paraît que je ne suis pas très objective).
St Thomas ne croit que ce qu'il voit, donc comme nous sommes en plein trip religieux, foi et Grand Gourou (moi, j'ai trouvé l'un des miens ^^), je vous propose une petite sélection pour me croire et rejoindre mon fan club (attention, pluie de superlatifs en perspective). 
 
 

 
La magnifique pub Air France
 
 

 
Le clip génial de Kylie Minogue - Come Into My World
(dommage que la chanson ne soit pas à la hauteur) 
 
 

 
Le clip inventif des White Stripes en légo - Fell In Love With A Girl 
 
 
 
Probablement l'un des seuls clips qui parvient à capter le côté lutin de Björk - Human Behavior 
 
 

 
Un beau montage d'Eternal Sunshine of the Spotless Mind (sur Radiohead ^^)
L'un de mes films préférés, très conceptuel, mais extrêmement touchant à la fois
(et probablement le meilleur rôle de Jim Carrey à ce jour)
 
Joel: I can't see anything that I don't like about you.
Clementine: But you will! But you will. You know, you will think of things. And I'll get bored with you and feel trapped because that's what happens with me.
Joel: Okay.
Clementine: [pauses] Okay.
 
 
Et pour ceux qui en redemandent, vous pouvez en plus jeter un œil à cette pub Levi's
 
 
Mais ce n'est pas tout. Certains auront probablement déjà entendu parler de son prochain film : Be Kind Rewind (traduit comme un pied en français). A cette occasion, Son Altesse Gondry a décidé de créer un site, où internet aurait été effacé, puis "swedé" (sweding : prendre quelque chose qu'on aime et le mélanger à d'autres choses qu'on aime également pour en faire quelque chose de nouveau). Comme ses personnages qui retournent des films cultes (Ghost Busters, Robocop, Rush Hour...) après qu'ils aient été effacés de leur VHS, Grand Gondry détourne Google, MySpace et Youtube (entre autres), dans son univers graphique si particulier.
Pour apprécier le travail : http://www.bekindmovie.com/ 
 
Et puisque je suis en pleine crise de vidéo, je vous propose également la bande-annonce de ce film qui s'annonce génialissime :-) (oui, j'exagère, mais c'est agréable d'être enthousiaste). 
  
 
 
Sur ce, je vais allumer quelques cierges à la paroisse St Gondry, dans l'espoir qu'il m'apporte de bonnes notes aux partiels s'il m'empêche de réviser... 

23.01.2008

Juno

0d22b036e2a79369a4df11fbf5f0444c.jpg
Un peu de teasing, car le film n'est pas encore sorti, mais je l'ai vu en avant-première (sur mon campus, je n'ai pas encore les pass presse ;-)).
Dans les grandes lignes, Juno McGuff a 16 ans et ne fait rien comme les autres filles de son âge. C'est ainsi qu'elle décide, un jour où elle s'ennuie, de coucher avec son ami Bleeker. Manque de bol, elle tombe enceinte et choisit de donner son bébé au couple de parents adoptifs idéal. 
 
Quand j'ai lu ce rapide synopsis, je suis restée sceptique, mais finalement, Juno est une fille très drôle qui, comme toutes les adolescentes, cherche sa place. L'actrice Ellen Page est impressionnante et parvient d'ailleurs à être touchante, sous sa carapace de dure à cuire qui prend tout à la dérision.
Le scénario est sympa, la mise en scène est soignée et les dialogues sont hilarants. Si en plus, la bande-son est géniale, il ne m'en faut pas plus pour accrocher complètement.
Je vous laisse juger :
 

Juno (VO) - Bande annonce
Désolée, la bande-annonce en VOST sur Dailymotion a été supprimée, mais elle est toujours disponible sur Allociné (la VF est inaudible après avoir vu le film en anglais).
 
 
Une note légère sur le cinéma, aujourd'hui, cela ne fait pas de mal. 
Demain, on diffuse Brokeback Mountain, hasard complet du calendrier, mais il me semble que c'est la meilleure façon de se souvenir d'un acteur. 

20.01.2008

I Am Legend

Et mes chevilles vont bien.
 
88b89d82b2841150bccc8675a7b47c8a.jpgMagré cette entrée en la matière plutôt faiblarde, je me lance dans une séance de rattrapage consacrée à un film sorti il y a un mois déjà, mais encore relativement bien diffusé : Je suis une légende, ou I Am Legend en VO. J'y suis allée à reculons, me remémorant I, robot, film de science fiction sympa, mais où Will Smith en fait trop dans la veine blagues foireuses et promo pour les Converse et les Audi, même si ce n'est probablement pas lui qui choisit les placements marketing de ces produits.
Finalement, I Am Legend m'a vraiment soufflée... le genre de films dont je mets du temps à me remettre et que je n'oublie pas sitôt sortie de la salle.
 
Mais reprenons au début : adapté du livre d'anticipation du même nom de Richard Matheson, I Am Legend relate l'histoire de Robert Neville (Will Smith), un ancien savant de haut niveau et de réputation mondiale. Mystérieusement immunisé contre le mal qui a ravagé l'intégralité de la population, Neville est aujourd'hui le dernier homme à hanter les ruines de New York et peut-être le dernier homme sur Terre. Depuis trois ans, il diffuse chaque jour des messages radio dans le fol espoir de trouver d'autres survivants. Nul n'a encore répondu. Mais Neville n'est pas seul. Des mutants, victimes de cette peste moderne - on les appelle les "Infectés" - rôdent dans les ténèbres, observent ses moindres gestes, guettent sa première erreur. Devenu l'ultime espoir de l'humanité, Neville se consacre tout entier à sa mission : venir à bout du virus, en annuler les terribles effets en se servant de son propre sang.
 
Par quoi commencer ? Les prises de vue très réalistes d'un New York dévasté où la nature a partiellement repris ses droits ? Les scènes d'action plutôt réussies qui ne traînent pas en longueur (l'ouverture sur la chasse aux cerfs est particulièrement impressionnante) ? Will Smith, convaincant et touchant, qui parvient à tenir un film en parlant à un chien et des manequins en plastique sans être ridicule ? Le choix de privilégier la tension et l'attente plutôt que la débauche de cascades et d'explosions ? 
Les deux premiers tiers du film sont très bons, et même s'il s'essouffle un peu sur la fin, le film prend le temps de construire un personnage qui souffre de sa solitude, qu'il essaie maladroitement de tromper en créant une routine où il peut interagir avec d'autres personnes, et qui, conscient de sa responsabilité et de son devoir, tente par tous les moyens de trouver un remède, objectif qui lui sert de raison de vivre et survivre. Ses journées sont soigneusement minutées et respectent un emploi du temps très précis, et c'est cette rigueur qui lui permet de ne pas devenir fou.
Le montage est également intéressant, même si cela devient classique de ne pas proposer un déroulement linéaire et chronologique de l'histoire. Je ne m'étais pas renseignée avant de voir ce film, si bien qu'au début je ne comprenais pas tout ce qui se passait, mais petit à petit, les pièces du puzzle se mettent en place et on prend la mesure de la douleur du héros et de l'ampleur de la catastrophe qui est survenue.
 
Un film à voir et qui donne envie de lire le livre dont il est tiré (et qui propose une fin plus noire que le film).
En attendant, je vous laisse avec la bande-annonce :
 

07.11.2007

Cassandra's Dream

da830723b8b480396a8110f82d92409d.jpgJe suis allée voir le dernier film de Woody Allen mercredi dernier, le jour de la sortie. J'aime bien Woody Allen. Même si ses bégaiements me tapent sur le système au bout d'une heure et demie, en général ses personnages ont quelque chose de touchant (oui, le juif hypocondriaque et paranoïaque aussi) et ses dialogues sont bien écrits. Ses deux derniers films à Londres étaient plutôt réussis et particulièrement Match Point, dans un genre qu'il ne pratique pas vraiment.
Bref, je me suis laissée entraîner pour voir Cassandra's Dream, ou le Rêve de Cassandre en VF (mais je pense que tout le monde aura réussi à traduire, surtout avec la photo de l'affiche à côté). J'avais survolé quelques critiques pas franchement convaincues, mais n'y avais pas vraiment fait attention, donc pas d'a priori (ou alors plutôt positifs au regard du casting :-)).
 
L'impression générale est assez décevante... Je crois que le gros problème de Woody Allen, c'est qu'autant il manie habilement le second degré dans ses répliques comiques, autant ses drames en sont complètement dénués. Tout est à prendre au premier degré, donc je trouve que l'histoire manque d'épaisseur, et en plus, il se contente de poser sa caméra et de filmer, sans tenter de travailler la mise en scène ou le montage (un film comme Annie Hall proposait pas mal d'idées par exemple). Un traitement très classique donc, ce que je trouve un peu dommage étant donné que Woody Allen n'a plus grand-chose à prouver.
Mais là, je ne m'attache qu'à la forme, et après tout, les références en la matière ne sont pas d'une originalité ébouriffante.
Sur le fond, malheureusement, je ne suis pas plus enthousiaste. Le scénario est franchement baclé et les dialogues ne sont pas aussi incisifs que ce à quoi il nous avait habitué. Les acteurs sont pourtant très biens, et rien que pour voir Colin Farrell en Droopy / gros nounours, cela vaut déjà le coup. Mais malgré leur performance, cela ne fonctionne pas. Peut-être que la classe moyenne inférieure anglaise n'a pas beaucoup inspiré le new yorkais intello qu'est Woody Allen. Il peine d'ailleurs à la dépeindre, alors que sa mise en scène de la haute société londonienne sonnait beaucoup plus juste, et se permettait finalement d'être plus grinçante dans Match Point.
 
Un film tout à fait correct en fin de compte, mais pas à la hauteur et qui manque d'inventivité (et n'implique pas vraiment le spectateur). 

02.09.2007

La fille coupée en deux

f5bbf080c54c167259399f0db530cf29.jpg

Je débute ma rubrique cinéma avec le dernier film de Chabrol, La fille coupée en deux, que je me suis enfin décidée à voir cette semaine. L'affiche, réalisée par Miss Tic, le casting (j'aime bien Ludivine Sagnier) et le lieu, m'avaient attirée et me paraissaient être des ingrédients suffisants pour que le film m'intéresse. Peu de films se passent à Lyon, donc j'étais curieuse de voir comment Chabrol avait exploité le terrain pour son scénario. J'avoue que le synopsis ne m'avait pas vraiment emballée : "Une jeune femme qui veut réussir dans la vie et dont le rayonnement séduit ceux qui l'entourent, s'éprend d'un écrivain prestigieux et pervers, et épouse un jeune milliardaire déséquilibré." Bon, pourquoi pas... en même temps, il ne faut pas s'arrêter au synopsis, qui ne laisse absolument pas transparaître les subtilités du scénario ni la qualité du réalisateur, de la mise en scène et/ou de la bande son. Donc, après une journée de travail plutôt intense, alors que la ville était balayée par un orage violent, je ne suis pas rentrée chez moi et ai décidé sur un coup de tête de me réfugier au cinéma. Je m'apprêtais alors à être plutôt bon public.

En fait, je me suis plutôt ennuyée et je n'ai absolument rien ressenti, ni pour cette fille qui se fait avoir, ni pour cet écrivain lâche et menteur, ni pour cet héritier pourri gaté qui pète les plombs. Le couple Sagnier-Berléand ne fonctionne pas, la lutte des classes est archaïque et la bourgeoisie qu'il met en scène est dépassée et poussiéreuse. Le film n'apporte donc rien de nouveau et manque sérieusement de fraîcheur, malgré la présence de Gabrielle (Ludivine Sagnier, plutôt bien), seul personnage intéressant et crédible. Mais ma plus grande déception a été l'utilisation de la ville. La caméra se fiche tellement des lieux qu'elle filme que j'ai eu bien du mal à reconnaître certains endroits par lesquels je passe pourtant souvent et j'ai du mal à croire que la régie ait fait réellement son boulot de repérage. Lyon était pourtant une bonne candidate pour illustrer le milieu bourgeois, du quartier d'Ainay, repère de l'ancienne aristocratie un peu désargentée, catho et coincée, au boulevard des Belges, ses halls dorés et dallés de marbre, ses hôtels particuliers et ses ambassades, donnant sur le Parc de la Tête d'Or. Mais non, on aperçoit un instant la place Guichard, qui n'a rien de nantie, quelques rues complètement insignifiantes et une rapide vue aérienne de la ville, histoire de se souvenir où on est. En plus, notre jeune milliardaire déséquilibré, est un flambeur, amateur de belles voitures et de costumes italiens éclatants, alors que la bourgeoisie lyonnaise ne s'affiche pas et ne montre pas vraiment son argent. Mais le pompon revient à la sélection des quelques images de la Fête des Lumières (8 décembre) : le spectacle son et lumière de l'église St Nizier en 2005, le plus ridicule qui ait jamais été réalisé (des anges en 3D sauvent l'église des flammes, accompagnés d'une voix off profonde et habitée...). Le pire, c'est que je ne suis même pas sûre que cela soit voulu, même si cela va de paire avec le côté ringard de la ville qu'il filme. J'avoue, je suis un peu vexée dans ma fierté de lyonnaise, mais en supposant que ce soit l'effet recherché, ce n'est pas exploité correctement. Bref, il n'y a pas grand intérêt à ce que cette histoire (ratée à mon goût) se passe à Lyon et c'est à se demander si ce n'était pas juste pour bénéficier de la subvention Rhône-Alpes, l'une des plus généreuses...