08.09.2009
It's about time!
N'est-ce pas ?
En fait, je vous écris du front et je ne sais pas encore si je pourrai publier cette note. C'est une bataille de chaque instant contre l'obscurantisme et le musellement de la liberté d'expression. Je guette du coin de l'oeil ma connexion wi-fi qui s'est ravivée et qui menace de s'éteindre d'un moment à l'autre. Deux mois que je suis à Paris, et je n'ai internet qu'au bureau... quelle ne fût donc pas mon excitation quand j'ai fini par capter un réseau Free wi-fi et que j'ai pu récupérer les identifiants familiaux, car à stade là de désespoir, j'étais prête à envisager un attentat à la clef WEP. Bien entendu, cette solution reste capricieuse, donc même si un ravalement de façade s'impose, il faudra attendre que je trouve une connexion plus stable.
A Paris donc, comme c'est original, je sais. Je mène la grande vie de blogueuse sans IP fixe puisque j'ai croisé du monde influent (PunkyB, qui m'a évidemment reconnue et m'est tombée dans les bras), vais pouvoir me pavaner en sous-vêtements Pénélope dès que j'arriverai avant la fermeture du Etam Rivoli et suis toujours prête à prendre la pose avec mes vêtements du jour, malgré les performances douteuses de mon fer à repasser et mon effet "saut du lit" tellement réaliste le matin dans le métro. Tout va bien donc.
J'aime bien Paris, cette ville à un côté présomptueux qui m'agace ("LA plus belle ville du monde", "LA plus belle avenue du monde"), mais je m'y sens plutôt bien quand même. Bon, la météo a failli m'achever en juillet, parce qu'après un an à Madrid, non, il ne fait pas beau quand il ne pleut pas, ce n'est pas une condition suffisante. Résultat, j'ai dû compenser en allant manger des tapas dans des bars parisiens hispanisés. Heureusement que l'été a commencé en août, parce que les tests de tortilla n'étaient pas concluants. Je pleure évidemment devant l'intégralité des prix à Paris (à part ceux de la baguette), mais c'est une bonne transition qui me permet de ne pas trop regretter la fin de mon erasmus. Même si mon départ remonte à un an tout pile et que tout cela me manque terriblement, bien entendu.
Je joue à la roulette russe, donc je ne vais pas m'étendre plus si je veux espérer que tout cela ne soit pas perdu sur le chemin de la gentille freebox qui m'offre un peu de bande passante.
A bientôt les cocos et see you les loulous ! (2 mois d'abstinence d'internet à la maison, je vous demande d'être compréhensifs)
Edit : Oh mon dieu ! Je viens de taper "It's about time!" dans google pour vérifier que cette expression existe bien pour me rendre compte que c'est aussi... une chanson des Jonas Brothers ! Pour racheter une pureté à ce blog, je prône le sexe avant le mariage !
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19.06.2009
En ébullition
Je n'arrête pas de dire que je reviens et je n'y arrive pas. Ce n'est pourtant pas par manque de choses à raconter, mais je n'arrive pas à suivre le rythme et c'est plus facile de laisser les choses traîner...
C'est bientôt fini, 10 mois ici et je ne réalise toujours pas. Ce n'est pas faute de me forcer et de tenter de me préparer pourtant. J'ai des amis d'école en échange dans d'autres pays et qui sont déjà rentrés... et qui dépriment, mais je n'arrive toujours pas à croire que cela va m'arriver aussi. Le problème, c'est que je suis la seule à être en vacances, la plupart de mes amis erasmus ou espagnols ayant encore des "examenes finales" à passer (dans le pire des cas, l'examen porte sur le programme de toute l'année et dure pratiquement 5h, pour repasser les 2 partiels). D'ailleurs, je m'en vais avant que certains en aient terminé avec ces réjouissances scolaires de fin d'année... j'ai l'impression de me faire voler mes derniers jours ici et de ne pas pouvoir en profiter comme il le faudrait puisque tous mes amis ont d'autres choses à faire et que je ne vais pas les obliger à sortir alors qu'ils doivent valider les matières qu'il leur reste. Oui, finalement, même si je suis soulagée d'avoir validé tous mes partiels du premier coup (o/), je suis à contre-courant.
Malgré tous les reproches qu'on peut faire aux études supérieures françaises, mine de rien, elles m'ont préparée à pratiquement n'importe quoi puisque je n'ai eu aucun problème à m'adapter à un nouveau système, de nouvelles notations et même à avoir de bonnes notes. Les particularités du système français sont également la raison de mon départ anticipé puisque nous sommes les seuls à avoir un stage obligatoire. Obligation donc de rentrer suffisamment tôt pour avoir le temps de rapatrier toutes mes affaires (je ne sais toujours pas comment je vais faire en étant limitée à 20 kg de bagages...), de faire un peu de rangement et de repartir. Oui, pour éviter le blues post-erasmus j'ai préféré choisir un stage en dehors de Lyon, parce que je ne pense pas que je serai capable de vivre de nouveau plusieurs mois avec mes parents. Et parce que c'est hyper original, je serai à Paris et j'espère que ce sera bien car je ne sais pas à quoi m'attendre. C'est pratique d'être prise sur entretien téléphonique, mais finalement je n'ai vu personne de l'équipe. D'ailleurs je songe à demander à Caroline D comment il faut que je m'habille pour aller en stage, car ce ne sont pas mes précédentes expériences qui m'y ont préparée.
Mais il n'est pas encore temps de parler de stage, je suis toujours à Madrid, pour une dernière semaine, et j'ai encore l'occasion d'y découvrir des choses. Il y a quelques mois, j'ai décidé de pousser la porte d'un magasin qui m'intimidait un peu et j'y suis restée finalement 1h à m'extasier sur le nombre de foulards et d'écharpes de toutes les couleurs, sur la quantité et la variété des ceintures et les chaussures... Je n'ai rien pris, ni rien essayé ce jour-là, j'étais juste contente d'avoir découvert quelque chose qui en valait la peine, parce que les 3 Zara par rue, c'est pratique et moins cher qu'en France, mais ce n'est pas très rafraîchissant. J'y suis retournée plusieurs fois, ai découvert que c'était une marque espagnole en train de s'implanter dans la capitale et que tous leurs vêtements et accessoires sont fabriqués en Europe (tout le cuir en Espagne évidemment). J'ai commencé par en ramener un sac, puis ensuite un bijou et enfin un cardigan. Hier, après être allée chez le médecin (plus de 9 mois sur place et j'ai besoin d'y aller une semaine et demi avant de partir !) et m'être fait prescrire une crème et une paire d'espadrilles, j'y suis retournée. Comme à chaque fois, j'ai étudié minutieusement chaque modèle, différentes hauteurs de talons, couleurs, coupes, formes. J'ai à chaque fois l'impression d'y faire un achat définitif, donc je fais attention à tous les petits détails. Me voici donc chaussée d'espadrilles, les chaussures les plus confortables du monde (même devant les Birkenstock quand il fait chaud) et en plus elles sont jolies. La boutique s'appelle Hakei (prononcé à l'espagnole "Rakei"). Ce que je préfère n'est pas présenté sur le site, mais cela donne une idée de ce qu'ils font.
Et au moment où je commençais à désespérer de la musique espagnole, j'ai découvert Russian Red, une madilène de 23 ans qui chante en anglais, mais avec une voix qui ressemble à Feist. Elle se fait connaître en Espagne et son joli minois y aide bien il faut avouer. Elle est passée l'année dernière à la Casa Encendida, un centre culturel à 2 pas de chez moi.
Et en furetant sur sa page Myspace, j'ai découvert qu'elle passait également pas loin de chez moi pour la fête de la musique, en compagnie des Sunday Drivers (un groupe de Tolède qui chante aussi en anglais). Je les avais déjà entendus en France avec On my mind. Une bonne surprise donc, les Espagnols ne sont pas cantonnés aux choregraphies bizarres à la Aserejé :-)
15:03 Publié dans Au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22.04.2009
I'm too old for that stuff!
Je suis rentrée de vacances. Il y a une semaine. Oui bon, il faut le temps que je me réadapte tout ça tout ça. C'est qu'on ne dirait pas comme ça, mais il y a un temps d'acclimatation entre l'Italie et l'Espagne aussi. Ben oui. Même si les deux sont des destinations de vacances pour nous Français, quand je rentre à la "maison", je retourne à Madrid. Rien que ça en fait c'est étrange. J'avais vraiment l'impression de rentrer chez moi après avoir crapahuté pendant une semaine en Italie (coups de soleil, trop marché, pas assez dormi dans des auberges en surbooking pour le week-end de pâques). C'était super, hein, je ne vais pas oser me plaindre non plus, mais j'étais vraiment crevée, le vol matinal m'ayant achevée. Donc voilà, j'ai fini par monter dans l'avion à Rome, en ai profité pour me détendre un peu et surtout dormir par intermittence. Mais quelque chose clochait. Etonnamment, sur un vol Rome-Madrid, j'ai eu droit aux instructions et aux commentaires du commandant de bord en espagnol, puis en anglais avec un accent espagnol terrible (après 9 mois je n'arrive toujours pas à me retenir de pouffer au nom de "easy yet") et enfin en italien... la version enregistrée à l'avance qui te demande extrêmement poliment de relever la tablette de ton siège. Eh bien oui, si ça se trouve j'étais la seule Française dans cet avion, donc ils n'allaient pas en rajouter une 4e couche pour m'offrir un message personnalisé, mais franchement le sentiment "retour à la maison" en a pris un sacré coup. Mais pour me consoler, j'ai eu des sueurs d'angoisse comme tout le monde et 2 fois de suite puisque j'ai poussé des cris d'orfraie avec les Espagnols puis ensuite avec les anglophones quand ils ont remué le couteau dans la plaie. Le sujet sensible a été la météo. Après une semaine de soleil et de chaleur (26°C le jour de mon départ), Madrid m'accueillait à bras ouverts sous le crachin et avec 7 petits degrés... Franchement, j'ai cru que j'arrivais en Angleterre et qu'il y avait eu une erreur à l'embarquement. J'ai d'ailleurs eu un éclair de compassion pour les Anglais qui reviennent de vacances en Espagne et sont accueillis par cette météo. Mais pas trop longtemps non plus, parce que ça caillait, que je n'étais pas du tout équipée avec mon petit gilet en coton et que je n'arrivais même pas à râler correctement dans ma tête à cause de mon décalage linguistique (une semaine à baragouiner en itagnol ça donne des trucs du genre "joder! je me suis roulée sur le pied avec ma valigia en cherchant la bufanda" et des sourires concentrés pour dire "graz..cias"). Bref, une fois rentrée chez moi, j'ai enfilé deux pulls et ressorti mon manteau, le 15 avril, c'était un peu déprimant. Mais bon, j'imagine que cela faisait partie du prix à payer pour des vacances qu'on m'a probablement enviées. Je me serais quand même passée de la journée suivante clouée au lit, probablement parce que j'avais pris froid en m'énervant avec ma valise sur le tarmac.
Le vendredi c'était mon anniversaire. Encore un peu patraque, les nombreux messages que j'ai reçus m'ont bien fait plaisir (bon d'accord, les 3/4 des messages étaient sur Facebook, mais c'est gentil quand même) et puis j'ai décidé de me bouger les fesses pour organiser vaguement quelque chose le samedi soir histoire de fêter mes 23 ans (ouh... je me rapproche dangereusement des 26 ans et de la fin de toutes les réductions possibles et imaginables... mais j'aurai peut-être un salaire d'ici là). Bon, ce n'est pas forcément une spécificité espagnole, mais je pense qu'elle est aggravée ici, mais quand on organise quelque chose ici, il ne faut pas s'y prendre trop tôt. En général, prévenir les gens 2h avant ou même au moment de sortir ça se fait assez souvent. Là, comme je voulais quand même que les gens puissent venir et n'aient pas d'autres plans, j'ai envoyé un mail le vendredi soir avec un lieu et une heure de rendez-vous (parfois très fluctuante quand elle implique des Italiens et des Espagnols). J'avais trouvé une boîte qui paraissait sympa, qui a priori passait de la musique qui me plaît (parce qu'honnêtement, sans vouloir offenser la culture espagnole, il n'y a pas grand chose à sauver musicalement parlant) et où je pouvais entrer gratuitement avant 2h. Une ébauche de plan donc.
Bien sûr, cela ne s'est pas passé comme prévu. Rien de bien grave. Un copain belge est arrivé à l'heure, je suis arrivée ensuite avec mes 10 minutes de retard habituelles à peu près en même temps que les autres Français et les Espagnols et Italiens n'ont mis qu'une demie heure à être tous là. Ou comment reproduire les stéréotypes et avoir l'impression de vivre dans une blague ("alors il y a un Français, un Belge et un Italien qui entrent dans un café et..."). Le problème, c'est qu'ensuite tout le monde avait super faim quand on s'est mis en route à 22h45 pour aller manger nos tapas, et que manque de pot, le bar où je comptais leur faire gouter les meilleures croquettes de la ville (rien à voir avec la nourriture pour chiens, hein) était inexplicablement fermé ce samedi soir, alors que les solutions de repli diminuaient de plus en plus au fur et à mesure que les bars troquaient les tapas pour les cocktails. On s'est rabattu sur une valeur sûre, moins originale car tout le monde connaissait déjà, mais on a eu nos croquettes, et du queso de cabra con mermelada (!), et de la sangria. C'est peut-être là que ça a commencé en y réfléchissant. Une bière et un verre de rosé auraient peut-être suffi. Ensuite, direction la boîte, passage obligé des soirées madrilènes et probablement espagnoles en général. Mais là j'étais contente parce que la musique promettaient d'être bien (avec en DJ le bassiste de Primal Scream et Stone Roses) et puis j'avais bu un verre de sangria en plus. Désillusion bis, une centaine de personnes devant l'entrée à 1h30, autrement dit impossible de rentrer avant 2h. Mais ce n'est pas grave, quelqu'un connaît bien le quartier et il nous dégotte un bar à chupitos. Les Espagnols n'aiment pas les mots anglais, ils traduisent tout (même les prénoms de la famille royale britannique, c'est dire ! N'est-ce pas Guillermo et Enrique ?) (non mais franchement, Guillermo et Enrique ?!), donc forcément ils n'allaient pas employer "shooters". Les chupitos sont bons, les chupitos sont pas chers (le type en question connaît la serveuse), mais il faut se méfier des chupitos. Je n'ai pas été obligée d'en boire 23 heureusement, mais 3 (dont un de téquila et un d'absinthe, beurk) étaient déjà bien suffisant. Puis direction une petite boîte dans le coin où je revis une partie de mon adolescence grâce à quelques morceaux de punk californien (but that's okay cause I got no self-esteem) et me délecte des copas improbables qu'on peut se faire servir en Espagne (= de l'alcool, n'importe lequel, avec du coca ou du fanta au citron, les combinaisons ne sont pas illimitées et pas franchement fameuses). Cette fois-ci je me suis retrouvée avec du malibu au fanta citron. Plus écoeurant, tu meurs, mais ça changeait un peu. Il est 4h30, la tête me tourne gentillement, la fête est bien, j'ai 23 ans et je sautille sur Highway to Hell. A 5h30 je décide de rentrer, j'étais quand même malade 2 jours avant et fatiguée avant même de partir. Le retour est un peu long, mais l'air frais est agréable et je peux raconter les blagues les plus nulles, on rigole bien, le malibu fanta a au moins cet avantage. Arrivée à 6h15, le temps du démaquillage, débarbouillage, lavage de dents et hop au lit pour une bonne nuit de sommeil.
Sauf que non. Les chupitos ont peut-être décidé d'entrer en action à retardement. Le fait est que dès le moment où ma tête a touché l'oreiller, ça a commencé à tanguer drôlement. Et que même après avoir réussi à m'endormir, le réveil a été sacrément embrumé et je n'ai pu tourner rapidement la tête qu'à partir de 17h. D'habitude je me réveille toujours très bien, sans autre séquelle que la fatigue, et même si je bois plus.
La faute de la téquila, j'en suis sûre, I'm definitely too old for that stuff.
17:13 Publié dans Au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : madrid, chupitos, tequila, vacances
03.04.2009
Tadaam !
19:35 Publié dans Au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
02.12.2008
Au compte-gouttes
Vu ma fréquence d'apparition sur ce blog, on pourrait croire que je me fais désirer. Quoique, mes notes sont tellement biens et tellement denses qu'il faut bien une bonne semaine pour les digérer, non ? non, d'accord, je n'ai simplement pas assez de temps à y consacrer, entre les cours (c'est quand même pour cela que je suis venue officiellement, mais ils me grignotent bien plus de temps que je ne l'aurais pensé), la vie étudiante, mon autre blog de ma vraie vie et le fait que je n'habite plus seule.
Sur le dernier point, je n'ai techniquement jamais habité seule, sauf une année où je me suis retrouvée à tourner en rond dans 15 m² avec mes cours de maths et de physique (je ne vous raconte pas l'éclate totale, je ferais des jaloux). Mais en fait, habiter dans du plus grand en colocation avec des copines, c'est très sympa, mais on ne se voit pratiquement pas quand on a des chambres séparées et chacune son rythme, parfois très étrange (l'une de mes anciennes colocs faisait des fugues en pleine nuit pour lancer des calculs dans son labo et perdre moins de temps dans la journée, probablement la dernière chose qui m'aurait faite lever à 3h du matin). Je ne regrette évidemment pas ce temps-là et j'aimerais bien y revenir quand il faudrait rentrer en France terminer mes études, mais cela ne ressemble pas du tout à la colocation en couple évidemment.
Cela paraît bizarre à toutes les personnes à qui j'en parle ici, car les Erasmus ne sont pas vraiment dans cet état d'esprit et c'est sûr que je passe à côté de quelque chose en "vivant à deux". Pour certains, c'est le "grand saut", c'est "sérieux" et à les entendre, il ne me reste plus qu'une chose à vivre : me marier. Bon, j'exagère un peu, mais pas vraiment sur l'effet que cela fait. Il est d'ailleurs très étrange de passer du statut de couple à distance que tout le monde plaint en disant que cela doit être difficile (et je ne mentirai pas, ça l'est) à celui de couple au quotidien que beaucoup trouvent maintenant précoce. Alors forcément, ces personnes ne savent pas qu'en fait c'est la première fois qu'on habite ensemble, qu'avant on passait notre temps à se dire au revoir sur des quais de gare (et que ce n'était plus possible de continuer comme cela) et surtout que c'est temporaire, puisque je ne sais toujours pas combien de temps il va rester ici et qu'ensuite on va retrouver nos bonnes vieilles habitudes (sauf qu'on se dira peut-être au revoir dans des aéroports cette fois-ci, histoire de changer).
Mais bon, à la limite, on s'en fiche de ce que pensent les gens, mais cela n'occulte pas de nouveaux problèmes : comment vivre ensemble en continuant à exister seul(e) ? Je sais, je pourrais écrire dans la rubrique psycho de Elle. On aurait peut-peut-être dû chercher plus activement une chambre dans une colocation avec d'autres gens, mais d'une part ce n'est pas forcément évident à trouver et d'autre part, c'est loin d'être confortable. En fait, je ne peux pas m'empêcher d'avoir l'impression d'être sérieuse et raisonnable trop tôt. J'aime bien sortir et danser, mais cela ne m'amuse pas de vomir mes chocapic le matin et arriver bourrée en cours, même à 14h. J'aime bien rencontrer de nouvelles personnes, sentir que je plais (comme toutes les filles), mais je me contente de l'idée que d'autres relations, plus ou moins fugaces, seraient possibles, sans avoir besoin de sauter le pas. Bon, en même temps, la situation actuelle complique les choses. Je suis plutôt ouverte et extravertie, mais parfois, je préfère largement une soirée tranquille avec un bon DVD et du chocolat chaud plutôt que d'aller à la super soirée au Pacha, la boîte la plus sélecte de Madrid, avec les autres Erasmus.
Qu'y a-t-il de mal à cela ? Pas grand-chose, et en fait, c'est probablement ce qu'il y a de mieux à faire la plupart du temps. Le problème, c'est que je n'ai testé ces excès que partiellement et je me dis qu'un jour il sera peut-être trop tard pour commencer et que ce jour-là, je regretterai de ne pas avoir vécu ces choses-là, aussi répréhensibles et peu glorieuses soient-elles. Le problème, c'est que tout le monde met un point d'honneur à profiter à fond de cette année, mais je ne suis pas sûre que la méthode communément admise dans le monde Erasmus soit celle dont j'ai envie. Il faut que je fréquente plus ceux qui sont un peu plus posés.
Bon, suite à ces questions existentielles, j'en profite quand même pour faire un point sur mon niveau d'espagnol (désespéremment bas en arrivant, bien que j'aie été affectée au meilleur groupe en cours. Ce n'est pas parce que j'arrive à répondre à des questions de grammaire en QCM que je sais parler et écrire !). En fait c'est assez incroyable, j'ai l'impression de réapprendre à lire. Vous savez, au début on bute, on ne comprend pas tout, on reconnaît superficiellement ce qu'on a vu à l'école, et puis un jour on se rend compte que tout est clair, naturellement, sans faire d'effort. Un jour, lire le journal en espagnol devient pratiquement aussi simple que de le lire en anglais (je n'irai pas jusqu'au français, il me manque encore du vocabulaire), sans avoir besoin de sauter sur son dictionnaire tous les deux mots. Et de la même façon, un jour on parle vraiment, sans chercher ses mots et en échangeant des choses plus profondes que "Qué tal?" ou "je viens de Lyon et j'ai 22 ans". Je me suis déjà attaquée au terrible sujet du système scolaire en France (en fait, je suis aidée, le système espagnol est assez similaire) et j'ai même parlé de la guerre d'Algérie en cours d'espagnol. Mais le must, c'est de conjuguer de l'imparfait du subjonctif à l'oral (oui, cela se fait beaucoup en espagnol) au bon moment ! Oui, des fois on se regarde entre Erasmus et on s'applaudit de notre performance. "Oh et en plus tu as évité le piège de la négation ou du 'a lo mejor' en début de phrase !" Ensuite on redescend sur terre, parce que bon, on a simplement dit que le prof nous a demandé d'amener le livre pour la semaine prochaine (oui, je confirme, de l'imparfait du subjonctif pour dire la même chose en espagnol). Mais bon, il n'y a pas de petites joies :-)
Et sinon, j'ai beaucoup aimé Salamanque le week-end dernier, même si j'aurais voulu y passer plus de temps et que je m'y suis gelée les fesses la nuit (il a beau avoir neigé hier à Madrid, Salamanque est encore plus haute). Comme je vais à Séville pour le pont du week-end prochain, j'espère que je pourrai ramener des photos de moi en T-Shirt, ou même en maillot de bain (s'il suffit de tenir le temps de la photo), histoire de rendre mes amis et ma famille verts de jalousie à Noël hin hin hin.
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20.11.2008
L'Espagne et ses fantômes
C'est assez difficile à croire actuellement, mais il y a peine plus de 30 ans, l'Espagne était une dictature. Pourquoi je vous parle de cela maintenant ? Parce qu'aujourd'hui, c'est l'anniversaire de la mort de Franco, le 20 novembre 1975, et que le sujet de la guerre civile revient sur le tapis actuellement.
Un rapide historique s'impose pour tous ceux qui n'ont pas fait LV2 espagnol, puisque j'imagine que la guerre civile doit être au cours d'espagnol ce que le Mur de Berlin est au cours d'allemand, sujet de bac 3 fois sur 4. Bref, suite à l'accession au pouvoir du Front Populaire en 1936 (comme en France, ça fait une date de moins à retenir), la droite à tendance royaliste et une bonne partie de l'armée ne sont pas ravies et décident de préparer un coup d'État. Celui-ci rate, mais divise l'Espagne en deux : d'un côté les "nationalistes" et de l'autre les "républicains" (Madrid, Barcelone, Valence, les régions les plus riches et les plus industrielles). Et le conflit s'enlise.
Le général Franco, Caudillo de España, reçoit le soutien de Hitler et Mussolini (et maintenant je vous laisse deviner ce que veut dire caudillo), la France et l'Angleterre décident de ne pas prendre parti, mais les légions étrangères et les communistes envoient beaucoup d'hommes en renfort des républicains. Les populations sont armées et les batailles sanglantes. Début 1939, la Catalogne tombe aux mains des nationalistes, puis Madrid peu de temps après. Le 1er avril 1939, Franco annonce la fin de la guerre et prend le pouvoir jusqu'à sa mort. L'Allemagne nazie, après avoir testée ses forces militaires en Espagne (lors du bombardement de Guernica notamment), attaque la Pologne quelques mois plus tard.
La période de la dictature n'est pas très animée, les Espagnols sont engourdis et encore traumatisés par la guerre et restent passifs jusqu'à la mort de Franco en 1975. Celui-ci avait désigné le prince Juan Carlos comme son successeur et parvint à imposer la monarchie.
Après plus de 30 ans d'absence, les Espagnols se réveillent et les circonstances sont propices à la créativité et l'inventivité (période de la Movida), mais pas au dialogue et à la réflexion sur la guerre. Les criminels de guerre ne sont pas poursuivis, les coupables ne sont pas jugés et tout le monde ferme les yeux. De la même façon qu'en Allemagne, il aura fallu attendre une génération pour que les gens aient envie de connaître la vérité et de savoir ce qu'il s'est passé. Actuellement une polémique, largement relayée par la presse, oppose un juge qui a décidé d'autoriser l'exhumation des fosses communes de la guerre civile pour que les familles puissent enterrer leurs morts, à ceux qui estiment qu'il ne faut pas remuer le passé et diviser encore une fois les Espagnols (ce groupe comprend tous les nostalgiques du franquisme). Finalement, il a fait machine arrière et il a été décidé de laisser le soin à chacune des Communautés de choisir lesquelles seront ouvertes ou non. Ressortent également des histoires d'enfants enlevés à leurs parents (assassinés ou non) pour être confiés à des familles proches du régime franquiste, dont les neveux ou cousins actuels cherchent à savoir ce qu'ils sont devenus. Les Espagnols ont encore pas mal de linge sale à laver avant de pouvoir réellement tourner la page.
Et que se passe-t-il aujourd'hui ? Rien de particulier, en fait. Des fidèles du franquisme se réunisse probablement à la basilique Santa Cruz del valle de los Caídos à l'Escorial (Nord-Ouest de Madrid) où est enterré Franco. Les années précédentes, il y a eu quelques affrontements, mais je n'ai rien remarqué de spécial cette année.
Promis, la prochaine fois, je vous propose un article plus fun que la dictature ;-)
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18.11.2008
Le come back
- Madrid : C'est simple, j'aime beaucoup cette ville. Ce n'est pas évident à expliquer car c'est une ville beaucoup moins évidente à découvrir et à aimer que Barcelone, son éternelle rivale (enfin, depuis 2 siècles, n'exagérons rien). C'est une ville sans symbole vraiment définissable et c'est justement ce qui est intéressant : chaque madrilène vous en citera des différents (Barcelone ne se limite pas au parc Güell, à ses plages et à la Sagrada Familia contrairement à ce que veut nous faire croire Woody Allen, mais c'est plus facile pour les touristes). Pour moi Madrid, c'est aller voir les Pinturas Negras de Goya au musée du Prado et ensuite aller manger des tapas au jambon serrano (ou iberico les jours de fête ;-)) avec les doigts et en buvant des cañas (bière). C'est passer du quartier de Lavapiés, populaire (=plein d'immigrés et d'épiceries des quatre coins du monde ouvertes jusqu'à 23h) mais bobo en puissance, à celui de Chueca, le quartier gay et donc très branché (le temple de la fringue) où fleurissent les bars et les restaus et qui jouxte le quartier de Salamanca, le quartier riche, très parisien (=rues quadrillées et pavées ornées de boutiques de luxe). C'est lire au soleil le dimanche après-midi dans le parc du Retiro après avoir partagé une part de tarte au Delic (à tomber...) et fureté dans les petites rues de la Latina, un autre quartier plein de restaurants et de bars aux terrasses bondées quand il fait beau, mais dans un style italien. C'est snober la plaza mayor (belle mais froide et touristique) pour la plaza Santa Ana, très touristique également, mais tellement plus chaleureuse et attirante. C'est continuer à sortir et faire la fête tous les soirs toutes les nuits, alors que le pays et le monde sont en crise. Bref, Madrid c'est plutôt une atmosphère et une ambiance, même si l'architecture est intéressante et plutôt impressionnante.
- Voyages : Au tableau de chasse, Tolède et Ségovie, toutes deux situées dans les environs de Madrid et toutes deux villes royales avant que Madrid ne devienne la capitale et écrase ses voisines. Au programme : Salamanque pour ce week-end et Séville pour le pont du 8 décembre (enfin un jour férié qui tombe en semaine !!).
- Erasmus : Ereintant. En fait, je crois que je suis tombée dans la meilleure école d'Espagne et qui tient à garder son prestige, donc les étudiants Espagnols mettent en moyenne 8 ou 9 ans (au lieu de 5 normalement en Espagne) pour finir leur cursus. Bref, je m'en sors en cours (j'ai tout de même un emploi du temps d'étudiant d'échange et j'ai substitué les matières trop difficiles dès que c'était possible), mais ça va vite et donc ce n'est pas aussi cool que ce que j'espérais. Résultat, c'est difficile de faire honneur au statut d'Erasmus (= qui va à toutes les fêtes) sans se retrouver très vite largué, et donc cela demande beaucoup d'énergie. Mais on n'est étudiant d'échange qu'une seule fois, pas vrai ? Ce serait dommage de ne pas en profiter.
- La nuit : je pense que j'écrirai un article complet dessus, car il y a beaucoup de codes et c'est une vraie institution. Bon, en plus, n'étant pas une grande clubbeuse en France (je suis plutôt une fille de bars et de pubs qu'une fille de boîtes de nuit, où je ne suis jamais assez bien habillée et où la musique me fait surtout mal aux oreilles), je n'ai pas beaucoup de points de comparaison.
12:06 Publié dans Au jour le jour, Au pays du gazpacho | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
07.11.2008
Le long sommeil
Par où commencer ? C'est vrai, après 2 mois d'absence, ce n'est pas évident de relancer la conversation.
Dire qu'ils se sont passées plein de choses depuis la dernière note serait un euphémisme et j'aurais bien aimé vous faire partager les débuts, les découvertes, l'enthousiasme. Je peux toujours tenter de le faire, mais il faut avouer que maintenant j'ai pris mes marques, mes repères et que j'ai même du travail scolaire (j'en reparlerai, mais je n'ai vraiment pas choisi la bonne université pour faire un échange).
Déjà, preuve que je suis rouillée, je pensais taper cette note et la publier ensuite. Je n'avais trouvé que le titre et je ne me suis pas méfiée de la petite option vicieuse en bas de la page qui publie automatiquement dès qu'on enregistre...
Mais promis, je vais revenir, vraiment, depuis que la grâce du wi-fi a touché mon appartement et que je suis maintenant connectée au reste du monde. Le seul petit problème, c'est que je vis avec quelqu'un qui ne connaît pas l'existence de ce blog (ou qui fait semblant, parce que l'historique de navigation ne laisse pas beaucoup de doutes), donc j'ai moins de temps pour venir écrire ici.
17:10 Publié dans Au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14.09.2008
Mea Culpa
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31.08.2008
Quenelle vs. Chorizo
Camille As You Are
Joey Star Wars
Et pour ceux qui en veulent davantage, n'hésitez pas à faire un tour sur Deezer, la version avec Diam's est franchement drôle ^^
11:09 Publié dans Au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note




