22.04.2009

I'm too old for that stuff!

Je suis rentrée de vacances. Il y a une semaine. Oui bon, il faut le temps que je me réadapte tout ça tout ça. C'est qu'on ne dirait pas comme ça, mais il y a un temps d'acclimatation entre l'Italie et l'Espagne aussi. Ben oui. Même si les deux sont des destinations de vacances pour nous Français, quand je rentre à la "maison", je retourne à Madrid. Rien que ça en fait c'est étrange. J'avais vraiment l'impression de rentrer chez moi après avoir crapahuté pendant une semaine en Italie (coups de soleil, trop marché, pas assez dormi dans des auberges en surbooking pour le week-end de pâques). C'était super, hein, je ne vais pas oser me plaindre non plus, mais j'étais vraiment crevée, le vol matinal m'ayant achevée. Donc voilà, j'ai fini par monter dans l'avion à Rome, en ai profité pour me détendre un peu et surtout dormir par intermittence. Mais quelque chose clochait. Etonnamment, sur un vol Rome-Madrid, j'ai eu droit aux instructions et aux commentaires du commandant de bord en espagnol, puis en anglais avec un accent espagnol terrible (après 9 mois je n'arrive toujours pas à me retenir de pouffer au nom de "easy yet") et enfin en italien... la version enregistrée à l'avance qui te demande extrêmement poliment de relever la tablette de ton siège. Eh bien oui, si ça se trouve j'étais la seule Française dans cet avion, donc ils n'allaient pas en rajouter une 4e couche pour m'offrir un message personnalisé, mais franchement le sentiment "retour à la maison" en a pris un sacré coup. Mais pour me consoler, j'ai eu des sueurs d'angoisse comme tout le monde et 2 fois de suite puisque j'ai poussé des cris d'orfraie avec les Espagnols puis ensuite avec les anglophones quand ils ont remué le couteau dans la plaie. Le sujet sensible a été la météo. Après une semaine de soleil et de chaleur (26°C le jour de mon départ), Madrid m'accueillait à bras ouverts sous le crachin et avec 7 petits degrés... Franchement, j'ai cru que j'arrivais en Angleterre et qu'il y avait eu une erreur à l'embarquement. J'ai d'ailleurs eu un éclair de compassion pour les Anglais qui reviennent de vacances en Espagne et sont accueillis par cette météo. Mais pas trop longtemps non plus, parce que ça caillait, que je n'étais pas du tout équipée avec mon petit gilet en coton et que je n'arrivais même pas à râler correctement dans ma tête à cause de mon décalage linguistique (une semaine à baragouiner en itagnol ça donne des trucs du genre "joder! je me suis roulée sur le pied avec ma valigia en cherchant la bufanda" et des sourires concentrés pour dire "graz..cias"). Bref, une fois rentrée chez moi, j'ai enfilé deux pulls et ressorti mon manteau, le 15 avril, c'était un peu déprimant. Mais bon, j'imagine que cela faisait partie du prix à payer pour des vacances qu'on m'a probablement enviées. Je me serais quand même passée de la journée suivante clouée au lit, probablement parce que j'avais pris froid en m'énervant avec ma valise sur le tarmac.

Le vendredi c'était mon anniversaire. Encore un peu patraque, les nombreux messages que j'ai reçus m'ont bien fait plaisir (bon d'accord, les 3/4 des messages étaient sur Facebook, mais c'est gentil quand même) et puis j'ai décidé de me bouger les fesses pour organiser vaguement quelque chose le samedi soir histoire de fêter mes 23 ans (ouh... je me rapproche dangereusement des 26 ans et de la fin de toutes les réductions possibles et imaginables... mais j'aurai peut-être un salaire d'ici là). Bon, ce n'est pas forcément une spécificité espagnole, mais je pense qu'elle est aggravée ici, mais quand on organise quelque chose ici, il ne faut pas s'y prendre trop tôt. En général, prévenir les gens 2h avant ou même au moment de sortir ça se fait assez souvent. Là, comme je voulais quand même que les gens puissent venir et n'aient pas d'autres plans, j'ai envoyé un mail le vendredi soir avec un lieu et une heure de rendez-vous (parfois très fluctuante quand elle implique des Italiens et des Espagnols). J'avais trouvé une boîte qui paraissait sympa, qui a priori passait de la musique qui me plaît (parce qu'honnêtement, sans vouloir offenser la culture espagnole, il n'y a pas grand chose à sauver musicalement parlant) et où je pouvais entrer gratuitement avant 2h. Une ébauche de plan donc.

Bien sûr, cela ne s'est pas passé comme prévu. Rien de bien grave. Un copain belge est arrivé à l'heure, je suis arrivée ensuite avec mes 10 minutes de retard habituelles à peu près en même temps que les autres Français et les Espagnols et Italiens n'ont mis qu'une demie heure à être tous là. Ou comment reproduire les stéréotypes et avoir l'impression de vivre dans une blague ("alors il y a un Français, un Belge et un Italien qui entrent dans un café et..."). Le problème, c'est qu'ensuite tout le monde avait super faim quand on s'est mis en route à 22h45 pour aller manger nos tapas, et que manque de pot, le bar où je comptais leur faire gouter les meilleures croquettes de la ville (rien à voir avec la nourriture pour chiens, hein) était inexplicablement fermé ce samedi soir, alors que les solutions de repli diminuaient de plus en plus au fur et à mesure que les bars troquaient les tapas pour les cocktails. On s'est rabattu sur une valeur sûre, moins originale car tout le monde connaissait déjà, mais on a eu nos croquettes, et du queso de cabra con mermelada (!), et de la sangria. C'est peut-être là que ça a commencé en y réfléchissant. Une bière et un verre de rosé auraient peut-être suffi. Ensuite, direction la boîte, passage obligé des soirées madrilènes et probablement espagnoles en général. Mais là j'étais contente parce que la musique promettaient d'être bien (avec en DJ le bassiste de Primal Scream et Stone Roses) et puis j'avais bu un verre de sangria en plus. Désillusion bis, une centaine de personnes devant l'entrée à 1h30, autrement dit impossible de rentrer avant 2h. Mais ce n'est pas grave, quelqu'un connaît bien le quartier et il nous dégotte un bar à chupitos. Les Espagnols n'aiment pas les mots anglais, ils traduisent tout (même les prénoms de la famille royale britannique, c'est dire ! N'est-ce pas Guillermo et Enrique ?) (non mais franchement, Guillermo et Enrique ?!), donc forcément ils n'allaient pas employer "shooters". Les chupitos sont bons, les chupitos sont pas chers (le type en question connaît la serveuse), mais il faut se méfier des chupitos. Je n'ai pas été obligée d'en boire 23 heureusement, mais 3 (dont un de téquila et un d'absinthe, beurk) étaient déjà bien suffisant. Puis direction une petite boîte dans le coin où je revis une partie de mon adolescence grâce à quelques morceaux de punk californien (but that's okay cause I got no self-esteem) et me délecte des copas improbables qu'on peut se faire servir en Espagne (= de l'alcool, n'importe lequel, avec du coca ou du fanta au citron, les combinaisons ne sont pas illimitées et pas franchement fameuses). Cette fois-ci je me suis retrouvée avec du malibu au fanta citron. Plus écoeurant, tu meurs, mais ça changeait un peu. Il est 4h30, la tête me tourne gentillement, la fête est bien, j'ai 23 ans et je sautille sur Highway to Hell. A 5h30 je décide de rentrer, j'étais quand même malade 2 jours avant et fatiguée avant même de partir. Le retour est un peu long, mais l'air frais est agréable et je peux raconter les blagues les plus nulles, on rigole bien, le malibu fanta a au moins cet avantage. Arrivée à 6h15, le temps du démaquillage, débarbouillage, lavage de dents et hop au lit pour une bonne nuit de sommeil.

Sauf que non. Les chupitos ont peut-être décidé d'entrer en action à retardement. Le fait est que dès le moment où ma tête a touché l'oreiller, ça a commencé à tanguer drôlement. Et que même après avoir réussi à m'endormir, le réveil a été sacrément embrumé et je n'ai pu tourner rapidement la tête qu'à partir de 17h. D'habitude je me réveille toujours très bien, sans autre séquelle que la fatigue, et même si je bois plus.

La faute de la téquila, j'en suis sûre, I'm definitely too old for that stuff.

06.04.2009

Girls who are boys Who like boys to be girls

Malgré mon expatriation transpyrénéenne (ça a beau être juste, ça sonne vraiment mal), je suis quand même encore les infos en France et j'étais au courant de l'événement lyonnais incontournable de cet été : blur !! Comme beaucoup j'étais agrippée à ma souris, prête à bondir au moment où l'horloge digitale allait passer de 10:59 à 11:00 et cliquer sur le lien pour réserver ma place qui allait se décider à apparaitre.

J'avais plusieurs onglets ouverts de différents sites de réservation, histoire d'en avoir au moins un qui fonctionne et apparemment il n'y avait pas de problème, j'ai commencé ma réservation tranquillement, ou plutôt sans encombre, parce qu'on ne peut pas dire que j'étais super calme. J'ai d'ailleurs traité mon panda roux de tous les noms quand il a décidé de planter en plein milieu de ma réservation (oui, firefox n'est en fait pas un renard mais un panda, j'ai fait des découvertes zoologiques). Mais contre toute attente je n'ai pas perdu mes données en le relançant et j'ai pu faire ma réservation normalement. J'ai envoyé un mail aux amis avec qui je comptais y aller et qui étaient postés devant leurs ordinateurs également pour leur dire que j'avais ma place et sur quel site ça fonctionnait mieux. J'ai un billet pour blur !! Bon, c'est cher, c'est juste pour faire plaisir aux fans car ça fait 9 ans qu'ils se sont séparés et je ne sais pas dans quelle ville je serai pour mon stage à ce moment-là, mais bon, je suis prête à prendre le TGV de 6h pour remonter à Paris et être à l'heure au boulot s'il le faut. Et puis c'est bientôt mon anniversaire.

blur.jpg

Evidemment, une demie-heure plus tard je reçois des mails amers m'annonçant que j'ai bien eu de la chance, qu'ils actualisaient depuis 10h45 pour ne pas rater le début de la mise en vente et que cela n'a pas fonctionné, tous les sites étant saturés. Peut-être que j'ai eu moins de problème en essayant d'y accéder depuis l'Espagne ou peut-être que j'ai simplement cliqué au bon moment. Le fait est que toutes les places disponibles sur internet sont parties en un quart d'heure (peut-être même moins) et que même à la Fnac il n'y en avait plus passé midi et demi. La mauvaise blague est qu'il paraît que les places ont été mises en vente plus tôt (10h45) directement à l'amphithéâtre et qu'elles n'étaient pas limitées au nombre de 2 par personne comme c'était le cas à beaucoup d'endroits. Résultat, les revendeurs s'en sont donné à coeur joie et les ont achetées par dizaines. Maintenant on peut trouver une place aux alentours de 130 € sur eBay et je me trouve bien bête de ne pas en avoir acheté au moins deux, car je n'aurais pas eu de problème à la revendre si jamais j'en avais eu une en trop.

J'ai de la chance, je vais voir blur en concert, mais je me faisais surtout une joie d'y aller avec mes amis, quel est l'intérêt sinon ?

03.04.2009

Tadaam !

Oui bon, je sais. Je suis partie longtemps. Enfin non, pas vraiment, disons que j'ai gelé mon blog quelques temps et l'ai converti en page netvibes. Même pas en fait, simplement en liste de liens pour aller voir les blogs que je regarde régulièrement.
Pourquoi si longtemps ? En fait, j'ai pensé revenir plein de fois, mais plus on s'absente longtemps, plus il est difficile de trouver les mots et quelque chose qui justifie le fait de se remettre à écrire. Je n'ai pas la prétention d'avoir un blog intéressant, enfin pas intéressant dans l'absolu, mais à chaque fois que j'avais une idée pour me remettre en selle, elle me semblait toujours tomber comme un cheveu sur la soupe après tant d'absence. Et puis il y a les excuses faciles : vacances de Noël en décembre et retour à Lyon, examens en janvier et février (oui, c'était très looooong cette année), recherches de stage un brin déprimantes (fichue crise), manque de temps...
Et puis je ne pouvais pas reprendre le 1er avril, on aurait pu croire que c'était une blague.

Mais sinon où j'en suis. Toujours à Madrid, un 2e semestre bien entamé qui va se terminer très (trop) vite, un petit passage à vide car j'ai toujours cru depuis que je suis arrivée ici que j'avais le temps et qu'en fait je risque de ne pas pouvoir faire certaines choses que j'avais prévues avant de partir. C'est normal, c'est classique, mais c'est toujours étrange d'en prendre conscience. Résultat j'enchaîne les voyages, au diable la crise, la bourse Erasmus a considérablement augmenté mon pouvoir d'achat ! Après les plages valenciennes, la Mancha et la Sierra madrilène, je m'envole bientôt pour l'Italie avec des copines. J'aime ma vie en Espagne, mais j'ai besoin de changer un peu d'air et d'arrêter d'avoir peur de ne pas assez profiter. Je ne sais pas comment j'aurais pu trouver le temps en France de sortir moitié moins que cette année, mais je sais déjà que le retour va être difficile et j'ai trop peur de regretter ces moments.

L'après est d'ailleurs encore flou. Je sais que je serai de retour en novembre à Lyon pour terminer mes études, sans savoir si je poursuivrai encore un peu. Je ne me vois pas encore travailler, j'ai déjà fait plusieurs stages et même si la petite paie à la fin du mois et les soirées et week-ends libres sont confortables, je ne suis pas encore prête à lâcher les avantages étudiants. Peut-être que je changerai d'avis en voyant toute ma promo chercher du boulot, mais honnêtement un VIE pour aller construire des barrages au Brésil ou des ponts au Viet Nam me fait étonnamment plus rêver. Bref, entre juin et novembre il faut que je fasse un stage, le stage de fin d'études. De 4 mois. Partir en échange n'a pas que des avantages, dans mon cas cela réduit la durée maximale de mon stage et c'est bien la galère, car un stage de fin d'études de moins de 6 mois est hyper difficile à trouver. D'autant plus quand les entreprises ont maintenant plus de demandes que d'offres.
La quête du stage avait pourtant bien commencé. Un ami en stage à New York pouvait me recommander pour que je prenne sa suite dans un bureau d'études situé à 3 blocks de Time Square, qui en plus payait vraiment bien ses stagiaires. Je me voyais déjà habiter Manhattan ou Brooklyn pendant 4 mois, travailler au 35e étage d'un building vitré et prendre un air blasé en voyant les touristes s'extasier devant l'Empire State Building. Mais voilà, la crise est passée par là et le stagiaire rémunéré est le premier à sauter dans ces cas-là, donc pas de stagiaire cette année et finis mes débuts de New Yorkaise.
Finis aussi les rêves de stage à l'étranger, car c'est trop compliqué quand on n'est pas sur place et qu'on ne sait pas par où commencer à chercher.
Résultat j'ai recentré mes recherches sur Paris. C'est bien aussi, même si moins excitant, je pensais avoir le temps d'y habiter et d'y travailler. Mais l'avantage des difficultés et des désillusions, c'est que cela m'a obligée à me poser la question de ce que je voulais vraiment faire "plus tard". Le stage à New York aurait été génial, mais malheureusement pas dans le domaine où je me voyais travailler. Cela aurait peut-être été l'occasion de changer d'avis ou simplement de confirmer mon opinion, j'avais quand même envie d'essayer, mais les mots New York occultaient un peu trop rapidement ce qui ne me convenait qu'à moitié. Maintenant je ne sais toujours pas exactement ce que je veux faire, en fait il y a heureusement beaucoup de choses qui m'intéressent, mais je me suis enfin fixée sur un secteur qui a priori me fait très envie et cela simplifie déjà beaucoup les recherches et les lettres de motivation !
Maintenant il faut attendre les réponses, relancer régulièrement... c'est pénible et fatigant. Et pourtant ce secteur recrute, donc j'imagine que je ne suis pas la plus mal lotie.

Sinon mes 2 retours à Lyon ont été assez étranges. J'aime ma ville, mais elle ne me manque pas vraiment quand je n'y suis pas, j'ai l'impression d'être à la maison à Madrid aussi. Par contre j'ai à chaque fois eu beaucoup de mal à la quitter. C'est bizarre car je n'ai pas l'impression d'être partie quand j'arrive, j'oublie presque que j'habite ailleurs et je m'y réhabitue instantanément (même si le rythme espagnol se prête peu à la vie française). C'est peut-être dû à la rapidité du trajet, moins de 5h porte à porte. Puis je mesure mon absence en nombre d'étages de Tour Oxygène construits à la Part-Dieu, en nombre de centimètres pris par mon petit frère également (ça y est, il m'a dépassée...), mais aussi par les histoires que me racontent mes amis restés sur place et dont j'ai l'impression de découvrir douloureusement qu'ils continuent à vivre leur vie sans moi. Et le pire, c'est qu'ils ont l'air d'y arriver ! Je ne dois pas être la seule à avoir cette impression très nombriliste que la vie s'est arrêtée dans la ville qu'on a quittée et qui découvre, étonnée, que tout continue à s'y dérouler normalement, sans sa petite personne. Et de la même façon, j'ai un pincement au coeur jusqu'au moment de monter dans l'avion de retour, et dès qu'il atterrit j'oublie de nouveau. Au final, je n'y retournerai que fin mai pour une réunion de famille avant le retour définitif.

Finalement ce retour est un bilan, j'ai l'impression qu'on est un peu tous en train d'en faire en ce moment, ça doit être la saison.
Maintenant je suis dans la phase des préparatifs de voyage, beaucoup plus fun. Je pars mardi pour Venise, puis Florence et enfin Rome (retour le 15 avril vers 13h, juste à temps pour mon interro de structures à 18h ahah) et j'espère bien me gaver de gelati !

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