02.12.2008

Au compte-gouttes

Vu ma fréquence d'apparition sur ce blog, on pourrait croire que je me fais désirer. Quoique, mes notes sont tellement biens et tellement denses qu'il faut bien une bonne semaine pour les digérer, non ? non, d'accord, je n'ai simplement pas assez de temps à y consacrer, entre les cours (c'est quand même pour cela que je suis venue officiellement, mais ils me grignotent bien plus de temps que je ne l'aurais pensé), la vie étudiante, mon autre blog de ma vraie vie et le fait que je n'habite plus seule.

Sur le dernier point, je n'ai techniquement jamais habité seule, sauf une année où je me suis retrouvée à tourner en rond dans 15 m² avec mes cours de maths et de physique (je ne vous raconte pas l'éclate totale, je ferais des jaloux). Mais en fait, habiter dans du plus grand en colocation avec des copines, c'est très sympa, mais on ne se voit pratiquement pas quand on a des chambres séparées et chacune son rythme, parfois très étrange (l'une de mes anciennes colocs faisait des fugues en pleine nuit pour lancer des calculs dans son labo et perdre moins de temps dans la journée, probablement la dernière chose qui m'aurait faite lever à 3h du matin). Je ne regrette évidemment pas ce temps-là et j'aimerais bien y revenir quand il faudrait rentrer en France terminer mes études, mais cela ne ressemble pas du tout à la colocation en couple évidemment.

Cela paraît bizarre à toutes les personnes à qui j'en parle ici, car les Erasmus ne sont pas vraiment dans cet état d'esprit et c'est sûr que je passe à côté de quelque chose en "vivant à deux". Pour certains, c'est le "grand saut", c'est "sérieux" et à les entendre, il ne me reste plus qu'une chose à vivre : me marier. Bon, j'exagère un peu, mais pas vraiment sur l'effet que cela fait. Il est d'ailleurs très étrange de passer du statut de couple à distance que tout le monde plaint en disant que cela doit être difficile (et je ne mentirai pas, ça l'est) à celui de couple au quotidien que beaucoup trouvent maintenant précoce. Alors forcément, ces personnes ne savent pas qu'en fait c'est la première fois qu'on habite ensemble, qu'avant on passait notre temps à se dire au revoir sur des quais de gare (et que ce n'était plus possible de continuer comme cela) et surtout que c'est temporaire, puisque je ne sais toujours pas combien de temps il va rester ici et qu'ensuite on va retrouver nos bonnes vieilles habitudes (sauf qu'on se dira peut-être au revoir dans des aéroports cette fois-ci, histoire de changer).

Mais bon, à la limite, on s'en fiche de ce que pensent les gens, mais cela n'occulte pas de nouveaux problèmes :  comment vivre ensemble en continuant à exister seul(e) ? Je sais, je pourrais écrire dans la rubrique psycho de Elle. On aurait peut-peut-être dû chercher plus activement une chambre dans une colocation avec d'autres gens, mais d'une part ce n'est pas forcément évident à trouver et d'autre part, c'est loin d'être confortable. En fait, je ne peux pas m'empêcher d'avoir l'impression d'être sérieuse et raisonnable trop tôt. J'aime bien sortir et danser, mais cela ne m'amuse pas de vomir mes chocapic le matin et arriver bourrée en cours, même à 14h. J'aime bien rencontrer de nouvelles personnes, sentir que je plais (comme toutes les filles), mais je me contente de l'idée que d'autres relations, plus ou moins fugaces, seraient possibles, sans avoir besoin de sauter le pas. Bon, en même temps, la situation actuelle complique les choses. Je suis plutôt ouverte et extravertie, mais parfois, je préfère largement une soirée tranquille avec un bon DVD et du chocolat chaud plutôt que d'aller à la super soirée au Pacha, la boîte la plus sélecte de Madrid, avec les autres Erasmus.

Qu'y a-t-il de mal à cela ? Pas grand-chose, et en fait, c'est probablement ce qu'il y a de mieux à faire la plupart du temps. Le problème, c'est que je n'ai testé ces excès que partiellement et je me dis qu'un jour il sera peut-être trop tard pour commencer et que ce jour-là, je regretterai de ne pas avoir vécu ces choses-là, aussi répréhensibles et peu glorieuses soient-elles. Le problème, c'est que tout le monde met un point d'honneur à profiter à fond de cette année, mais je ne suis pas sûre que la méthode communément admise dans le monde Erasmus soit celle dont j'ai envie. Il faut que je fréquente plus ceux qui sont un peu plus posés.

Bon, suite à ces questions existentielles, j'en profite quand même pour faire un point sur mon niveau d'espagnol (désespéremment bas en arrivant, bien que j'aie été affectée au meilleur groupe en cours. Ce n'est pas parce que j'arrive à répondre à des questions de grammaire en QCM que je sais parler et écrire !). En fait c'est assez incroyable, j'ai l'impression de réapprendre à lire. Vous savez, au début on bute, on ne comprend pas tout, on reconnaît superficiellement ce qu'on a vu à l'école, et puis un jour on se rend compte que tout est clair, naturellement, sans faire d'effort. Un jour, lire le journal en espagnol devient pratiquement aussi simple que de le lire en anglais (je n'irai pas jusqu'au français, il me manque encore du vocabulaire), sans avoir besoin de sauter sur son dictionnaire tous les deux mots. Et de la même façon, un jour on parle vraiment, sans chercher ses mots et en échangeant des choses plus profondes que "Qué tal?" ou "je viens de Lyon et j'ai 22 ans". Je me suis déjà attaquée au terrible sujet du système scolaire en France (en fait, je suis aidée, le système espagnol est assez similaire) et j'ai même parlé de la guerre d'Algérie en cours d'espagnol. Mais le must, c'est de conjuguer de l'imparfait du subjonctif à l'oral (oui, cela se fait beaucoup en espagnol) au bon moment ! Oui, des fois on se regarde entre Erasmus et on s'applaudit de notre performance. "Oh et en plus tu as évité le piège de la négation ou du 'a lo mejor' en début de phrase !" Ensuite on redescend sur terre, parce que bon, on a simplement dit que le prof nous a demandé d'amener le livre pour la semaine prochaine (oui, je confirme, de l'imparfait du subjonctif pour dire la même chose en espagnol). Mais bon, il n'y a pas de petites joies :-)

Et sinon, j'ai beaucoup aimé Salamanque le week-end dernier, même si j'aurais voulu y passer plus de temps et que je m'y suis gelée les fesses la nuit (il a beau avoir neigé hier à Madrid, Salamanque est encore plus haute). Comme je vais à Séville pour le pont du week-end prochain, j'espère que je pourrai ramener des photos de moi en T-Shirt, ou même en maillot de bain (s'il suffit de tenir le temps de la photo), histoire de rendre mes amis et ma famille verts de jalousie à Noël hin hin hin.

Commentaires

QUOI?? Tu es venue à Salamanque et tu me l'as même pas dit??!!! Zut, on aurait pu se voir!!

Par contre c'est vrai que c'est pas la meilleure ville pour toi parce qu'ici on ne vit qu'en faisant la fête! Continue-bien en tout cas!

Ecrit par : Mlleeli | 02.12.2008

My mistake... j'étais à Salamanque il y a 2 semaines, c'est-à-dire quand tu étais à Madrid si je ne me trompe pas.

Sinon, niveau fête, sans vouloir lancer de compétition, je pense que Madrid est absolument démente et bat probablement Barcelone (d'une part parce que c'est plus grand).
Salamanque est une ville étudiante (donc animée) magnifique, dont les prix des loyers nous ont d'ailleurs tous rendus verts de jalousie, mais j'aime vivre dans une capitale...
Que aproveches!

Ecrit par : Lu' | 02.12.2008

C'est sûr que vivre son Erasmus à deux, c'est un peu inhabituel; ça vire même à l'antagonisme!

Mais d'un autre côté, j'aurais rêvé de partagé ça avec mon amoureux, à défaut j'en ai gardé une super copine! ;)

Ecrit par : Cha | 07.12.2008

J'ai bien aimé ton blog donc je te le dis !
bonne continuation !
http://lalignerouge.wordpress.com/

Ecrit par : toma | 24.01.2009

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