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13.07.2008

Légende urbaine

boscop.jpgChaque ville a ses petits (ou grands) mythes, pas toujours expliqués, un peu bizarres, mais pourtant bien enracinés. A Lyon, le CNP Terreaux projette Le Graphique de Boscop tous les samedis soirs à minuit depuis 1976 (32 ans !) (je suis une grande matheuse).
Pourquoi ? Bonne question, ce film n'a absolument rien à voir avec Lyon, il s'agit au départ d'une pièce de théâtre montée par les acteurs du Café de la Gare à Paris, mais est devenu culte à Lyon. Les rumeurs veulent que certains fans absolus viennent voir et revoir ce film en déclamant les répliques et en chantant joyeusement les tubes écrits par l'ordinateur de Romain Bouteille. Une curiosité donc, et je voulais la voir de mes propres yeux depuis quelques années.
 
J'ai fini par y aller hier, l'occasion s'est présentée, pourquoi pas, c'est le moment, je pars bientôt. J'ai essayé de ne m'attendre à rien, le synopsis d'Allociné n'est pas super éloquent et en général je suis déçue quand je vois un film supposé culte (Pulp Fiction et Fight Club en sont de bons exemples). Bref, tourné sans beaucoup de moyens et ça se voit, le film est sympathique, ressemble plus à du théâtre filmé qu'à un vrai film, mais cela lui donne du charme. On sent que les dialogues ne sont pas tous écrits et qu'il y a une bonne part laissée à l'improvisation, donc ce n'est pas toujours intéressant et drôle, mais c'est assez attachant. La troupe du Splendid s'en est mieux tirée avec Le Père Noël est une ordure, mais ils n'avaient sûrement pas le même budget.
Restent quelques éclats, une ambiance particulière dans la salle (pas de fans absolus dans mon cas, mais les gens se lâchent plus facilement, et être dans une salle de cinéma en pleine nuit est assez étrange) et quelques morceaux de bobine qui ont vieilli et rappellent la date de sortie et son côté précieux dans cette salle.
 
Au final, l'impression d'avoir complété mon rite de passage pour être une vraie lyonnaise (je le suis d'ailleurs de naissance même si j'ai bougé), au même titre que dire naturellement "rue de la Ré", savoir ce que sont les vraies quenelles (au brochet !) et qu'elles n'ont rien à voir avec les vulgaires machins en boîte, aimer les tartes aux pralines (à ne pas confondre avec la praline belge !) et savoir qu'on peut en mettre dans les brioches ou encore snober la basilique de Fourvière et lui préférer l'église St Nizier. Je ne mets plus les "y" superflus dans mes phrases depuis que je sais que ce n'est pas juste grammaticalement et je n'ai heureusement pas l'accent, comme la plupart des jeunes, mais après tout, rien ne sert d'être une caricature.

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