12.07.2008

Lyon rugit la nuit

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Finalement j'y étais. Après avoir longuement hésité, pesté contre l'état de mes finances en oubliant que certains virements (positifs) n'avaient pas été effectués, j'ai pris mon billet pour aller voir la nouvelle clique de Damon Albarn, parce que sinon j'aurais été extrêmement frustrée. Ben oui, seulement 3 concerts dans le monde, Londres, Lyon et New York, un honneur en fait. Vivent les Nuits de Fourvière ! Il faut avouer que cette année la programmation est particulièrement alléchante. L'année dernière j'étais allée applaudir Arcade Fire, mais n'avais pas pu pour The Good, The Bad and The Queen, donc je n'allais pas laisser passer Damon Albarn une 2e fois... Blur, c'est pour moi des vacances à l'île d'Oléron avec des cousins plus âgés dont j'admirais la collection de CD... Les gentils studieux de Blur qui voyagent sur des yachts en chantant nanananana naaa na na contre les bad boys d'Oasis qui photographient des gens de dos, la pochette de Radiohead (The Bends) que je trouvais particulièrement moche et qui me mettait assez mal à l'aise, les dilettantes un brin déjanté de Supergrass, des tubes sans en avoir l'air. Aaah 1995, ce n'était quand même pas si mal... Je ne peux pas dire que j'ai grandi avec Blur puisqu'à 11 ans, c'était encore un peu tôt de sauter en criant "Woohoo ouèn aïe fil ivi metaul", mais j'ai quand même vécu la fin du groupe et la formation de Gorillaz comme une trahison.
 
Depuis, j'ai pardonné à Damon et The Good, The Bad and The Queen (avec un ancien des Clash et de The Verve !) promettait un retour au pop-rock. Promesses tenues, même si ce n'était pas ce à quoi je m'attendais (il faut que j'arrête de croire que Blur va revenir uniquement parce qu'il y a le même chanteur). Donc je me suis dit qu'il pouvait bien m'entraîner dans son trip malien, me faire aimer de la soul, trémousser sur une fanfare funk, découvrir l'afro beat et me reposer sur du folk.
 
Un très beau concert, le cadre du théâtre romain aidant à la complicité, où les musiciens maliens font les percussions pour la chanteuse soul, les cuivres de la fanfare américaine accompagnent le batteur Tony Allen, M. Albarn apporte sa touche pop légèrement rétro avec son harmonium et son mélodica. Un joyeux mélange des genres et des styles.
 

Damon Albarn présente Honest Jons Revue
 
 
Mais ce qu'on ne voit pas dans la vidéo, c'est l'impro après le concert des gars pleins d'énergie du Hypnotic Brass Ensemble, à côté de la buvette. Absolument géniaux sur scène, avec leur gestuelle très marquée hip hop, alors que les fanfares, ça me rase d'habitude, ils nous ont offert une demie heure de rab, où tous ceux qui n'avaient pas filé trop vite dansaient sous la pluie autour d'eux. Il faut imaginer une sorte de slam, mais avec des trompettes, des trombones à coulisse, un tuba et une batterie. C'est au milieu de cette effervescence euphorique que Damon Albarn est arrivé et s'est joint à la foule. Je me suis retournée et il était en face de moi, bougeant en rythme comme les autres. Un vraie rêve de groupie en délire ("C'est le plus beau jour de ma vie maman, il a touché ma main" © Petit Journal). Les gens ont fini par réaliser que c'était lui, les filles lui ont demandé des autographes et les garçons l'ont pris en photo, je m'en suis bien gardée même si je ne me serais probablement plus lavée la portion de bras qu'il aurait pu signer. Mais j'ai eu droit à une bise d'un joueur de trombone à coulisse, un "high five" et même à une poignée de mains (comprendre le genre avec un code où il faut d'abord se taper les poings, puis faire glisser les mains l'une contre l'autre et serrer ensuite... je vous laisse imaginer à quel point j'ai pu être ridicule, mais rien n'était grave ce soir-là).
 
Une soirée que je ne suis pas prête d'oublier, merci M. Damon Albarn...
Pour les autres, il ne vous reste quà aller les voir à New York hin hin hin ;-) 

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