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23.11.2007
Je t'aime, moi non plus...
Pratiquement tout le monde connaît maintenant Facebook, le nouveau réseau social venu des grandes universités américaines qui fait fureur sur la toile francophone depuis le début de l'été. Il permet de retrouver des amis d'enfance perdus de vue, de suivre ceux qui sont partis, dans une autre ville ou à l'étranger, et surtout de contenter notre tendance au voyeurisme. En effet, il est possible à chaque instant de savoir qui fait quoi, qui pense à quoi, qui est déprimé, qui sort avec qui et où, sans même avoir à le demander. Cela peut être bien pratique pour réconforter quelqu'un qu'on ne côtoie plus quotidiennement et avoir l'impression de suivre de loin l'évolution d'une personne. Mais finalement, tout est présenté pour que donner ses informations personnelles soit fun et ludique. Il devient ainsi amusant de remplir la base de données potentiellement commercialisable de Facebook. Tu dédicaces des chansons à quelqu'un, hop tes goûts musicaux sont catalogués. Tu inclus une petite application "carte" sur ton profil, et ça y est Facebook (et tous tes amis et amis d'amis) peuvent dire précisément quels pays tu as visités et quelle offre d'agence de voyage aurait le plus d'impact sur toi. Qui plus est, les gens peuvent fournir des infos sur toi sans que tu demandes leur avis : ils te taguent dans une photo, "notent" ta personnalité ou te comparent à d'autres, écrivent sur ton mur, et comme tout ceci est finalement assez rigolo tu laisses passer.
Un système pernicieux donc, où les gens s'inscrivent de leur plein gré et choisissent volontairement les informations qu'ils veulent transmettre, mais où tout est fait pour persuader les utilisateurs qu'il est de leur intérêt de fournir des informations personnelles, et ceux-ci le font non seulement sans arrière pensée mais en plus avec le sourire.
Bien entendu, il est possible de vérouiller son profil au maximum, pour que seuls les utilisateurs identifiés comme "amis" y aient accès, mais finalement, qu'advient-il de toutes ces données ? Si Facebook les cache aux utilisateurs non désirés, qu'en fait-il, lui ? Il devient maintenant possible d'extraire d'une base de données toutes les personnes inscrites de sexe masculin, travaillant chez EDF, vivant à Nantes et aimant la musique classique... et il est également possible de vendre ces informations à n'importe qui. Un outil dont la Stasi aurait adoré profiter il n'y a pas si longtemps si l'on m'autorise ce parallèle douteux...
Cette réflexion provient d'une discussion avec un ami, franchement opposé à ce système, qui a d'ailleurs fini par se désinscrire et dont j'ai repris pas mal d'arguments dans cette note. Sur ce blog, je choisis ce que je montre ou non de moi, je sélectionne soigneusement les informations que je transmets (d'une part parce que l'intégralité de ma vie n'est pas intéressante, et d'autre part parce que je ne tiens pas à ce qu'on sache qui je suis réellement) et je maîtrise l'image véhiculée par mon blog. Bien sûr, la portée actuelle de mes écrits ne me mets pas vraiment en danger, mais tout ce qu'ils contiennent sont de moi, publiés avec mon consentement.
Je ne compte pas me désinscrire de Facebook pour le moment, mais je suis sur mes gardes. Profil vérouillé aux inconnus, même s'ils font partie d'un de mes réseaux, et retrait d'informations personnelles que mes vrais amis connaissent déjà et dont les autres n'ont pas besoin d'être au courant. Wait and see.
13:55 Publié dans Sur la toile | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Facebook, outil marketing





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