« 2007-08 | Page d'accueil | 2007-10 »

21.09.2007

Sweden will take over the world!

1634e11697a07dbdde793c2e5452bfc7.jpgJ'ai abordé brièvement la situation sous le régime communiste en Allemagne de l'Est dans ma note précédente. La société de consommation étant contraire à l'idéologie, l'offre était très limitée, que ce soit pour le mobilier, les ustensils de cuisine, les vêtements ou les jouets par exemple. Résultat, tout le monde était équipé du même matériel chez soi et les intérieurs se ressemblaient beaucoup d'une famille à l'autre. Heureusement, ce temps est révolu et chacun a le choix de ses produits, dans la mesure de ses moyens. Vive la diversité !
 
Oui mais voilà... Il ne vous est jamais arrivé d'être invité(e) chez des amis et de vous rendre compte que la chaise de bureau, là dans le coin, vous rappelle bigrement la vôtre ? Que vous avez déjà vu ces assiettes quelque part ? Ou que vous aviez longuement hésité à acheter cette lampe dans l'angle ? Et je ne vous parle même pas de la robe sur la fille assise en face de vous dans le métro...
Où achetez-vous vos meubles la plupart du temps ? Et pas mal de vos vêtements ? Eh oui... l'ami suédois est très sociable et séduit beaucoup de monde. Finalement, on peut posséder la même armoire et le même pull qu'une personne vivant dans un autre pays, et c'est un peu ce qui m'est arrivé en entrant dans l'appartement de l'Allemande qui m'a hébergée il y a deux semaines. C'est plutôt amusant, même si l'originalité en prend un coup, et heureusement, il reste la possibilité de customiser tous ces basiques en ajoutant quelques détails de déco acidulée sur une étagère ou une jolie ceinture sur un pantalon ou un pull long. 
 
Tout cela pour dire que j'ai passé 2 heures hier à feuilleter le nouveau catalogue Ikea et que cela m'a vraiment donné envie de m'installer : poser du parquet, choisir la couleur des murs, un mobilier assorti, plein de coussins colorés, assortir les rideaux aux tons du canapé... (il faut savoir qu'en bon appartement d'étudiantes, le mien est principalement meublé en récupérant des affaires par-ci par-là...) Et il m'a paru tout à fait indispensable d'avoir un beau tapis vert et blanc dans ma chambre (où il y a de la moquette), que ce serait drôlement bien d'avoir tous ces outils de jardinage pour le jour où on se déciderait enfin à faire pousser des tomates cerises sur le balcon et oh ! comme ces couverts sont mignons ! Bref, j'en suis venue à même avoir envie d'acheter une spatule et une chaise à bascule... et je sais que ce sera encore pire si je me rends dans le magasin, où tout est si bien présenté et où on finit par craquer sur plein de choses pas chères, mais qui au final représentent une certaine somme.
Y'a pas à dire, ils sont très forts ces Suédois !

20.09.2007

CS pour les intimes

fa5b0bb09aaa480a537cdd9db792df4a.jpgComme promis, un petit condensé de mes aventures berlinoises grâce au Couchsurfing, CS pour les intimes. Oui, je vous donne les astuces pour vraiment crâner en société et vais vous relater ma première "expérience CS".
Je l'avais déjà annoncé avant de partir, ces vacances laissaient une grande place à l'improvisation et cela m'a fait du bien d'être capable de le faire. Partir sans trop savoir où l'on va dormir la nuit prochaine, ni qui va nous héberger et comment cela va se passer. Et surtout, ne pas s'en inquiéter ! Je ne sais pas si j'ai eu une crise d'inconscience, mais j'avais envie de me prouver que j'étais tout à fait apte à me laisser guider par l'imprévu, tout en profitant du moment présent. D'habitude, je prévois tout à l'avance, les billets de train/avion/bus, les nuits d'hôtel/en auberge de jeunesse/en camping. Pas parce que j'angoisse à l'idée de partir, au contraire, j'adore ça, mais parce que cela me plaît d'imaginer mon voyage, de chercher le meilleur compromis entre le prix, le confort et le capital sympathie du lieu, de me renseigner sur tout ce qu'il y a à faire et à voir sur place et finalement d'établir une sorte de programme de visite. J'aime cela car j'ai déjà l'impression de voyager avant de partir de chez moi et cela me permet de sortir de ma routine. Seulement, le problème, c'est qu'une fois sur les lieux, tout me paraît moins excitant car je me suis déjà fait mon idée avant, je ne prends pas suffisamment le temps de me promener un peu au hasard car mon planning est trop serré et je pense déjà à ce que je vais faire ensuite, sans m'arrêter pour apprécier pleinement ce que j'ai sous les yeux. Je voulais donc être capable de profiter autrement, un peu comme les hommes (du moins ceux que je connais), qui, malgré tous les contre-exemples qui peuvent exister, se prennent beaucoup moins la tête que nous.
 
Ce voyage constituait donc une sorte de revenche sur ma quasi-obsession à la planification et l'organisation du temps et je suis fière d'y être arrivée en étant aussi détendue. Quelques détails maintenant que je me suis auto-congratulée et félicitée d'un tel détachement... Ma coloc et moi nous sommes donc posées, pleines de sérénité, sur le sol allemand. Premier couac : ma valise ne nous avait pas suivi. Grande habituée de ce genre de surprises (environ une fois sur deux pour le moment, j'ai beaucoup de chance), je me suis dirigée en râlant vers le comptoir pour les réclamations et ai plus ou moins réussi à faire comprendre (en allemand) à l'employé que ma valise n'était pas arrivée et que, non, je n'avais pas d'adresse fixe pendant la semaine à part la première nuit en auberge de jeunesse. Je vous passe le regard suspect auquel j'ai eu droit et ai décidé de prendre les choses du bon côté. Après tout, je me déplacerai plus facilement et mon bon mauvais pressentiment m'avait fait conserver ma brosse à dents dans mon sac à main. Heureusement, je l'ai récupérée le lendemain et je vous laisse imaginer le bonheur de pouvoir se changer et de dormir en pyjama... Entre-temps, nous avons eu des nouvelles d'une Allemande contactée au tout début qui acceptait toujours de nous héberger et qui était désolée de ne pas avoir pu nous répondre à temps. Nous avions finalement un toit pour notre dernière nuit.
Après l'auberge de jeunesse, notre première hôte, une Française en échange Erasmus à Berlin, nous a accueilli chez elle. C'était plutôt amusant car la discussion était facile pour tout le monde et nous avons mangé des pancakes pour le petit-déjeûner, ce qui était plutôt agréable. Nous avons visité avec elle le quartier de Kreuzberg (j'en parlerai plus en détail dans une note consacrée à la ville) avec d'autres étudiantes de son université d'accueil, car cette visite constituait un devoir d'allemand suivi d'un exposé. Nous n'avions pas prévu de visiter ce quartier à ce moment-là, mais c'était l'occasion de s'y promener. Pendant ce temps-là, j'échangeais des sms avec notre deuxième hôte CS pour savoir où et à quelle heure on devait se retrouver : 2h avant d'arriver chez lui, je ne connaissais toujours pas son adresse et encore moins comment m'y rendre. Ce genre de situations apprend à faire confiance aux gens et cela fait du bien. Le contact est bien passé avec ce Polonais et nous avons passé de grands moments de franche rigolade à essayer de prononcer des mots en polonais (et lui en français). Nous lui avons malheureusement ruiné beaucoup de ses chansons en français en lui traduisant les paroles (Moi Lolita et Pas de bras pas de chocolat notamment) et lui nous a traînées dans Berlin pour nous faire découvrir le Club der Polnischen Versager (ou club des losers polonais), qui évidemment était fermé le dimanche. Le bar de repli était en rénovation, mais finalement nous avons atterri dans un lieu plutôt étrange : un bar au fond d'une cour un peu glauque ou nous avons été accueillis par ça :
8826eb315c0e2c9e444c3b93cd6f5246.jpg
Sympathique n'est-ce pas ?
 
La soirée, qui annonçait un grand numéro de Loser Polonais, s'est finalement bien terminée et nous n'avons pas été déçues du voyage, car je doute qu'on aurait osé rentrer dans cet établissement si on ne nous y avait pas emmenées.
Malheureusement, le Brésilien chez qui nous devions passer les deux nuits suivantes m'a contactée en catastrophe pour m'annoncer qu'il devait quitter Berlin pour quelques jours à cause d'une urgence. Finalement, nous sommes allées plus tôt chez notre hôte allemande qui a gentillement accepté de nous dépanner deux jours de plus. Nouvel accueil chaleureux, aidé il faut l'avouer par notre arrivée accompagnée de pâte à crêpes. Nous nous sommes très bien entendues avec cette fille, fan de musique (sa collection de CD et vinyls m'a rendue dingue ;-)) et de bandes dessinées. Bien entendu, chaque personne possède un profil pour se présenter, donc j'avais choisi mes hôtes en fonction de leurs goûts. Nos discussions ont été très variées, des plus légères (couleurs et coupes de cheveux) aux plus émouvantes. En effet, elle a toujours vécu à Berlin-Est et a donc connu la RDA. Elle nous a raconté son père, interdit d'études de médecine car il avait quitté l'armée, les goûters d'anniversaire chez ses copains dont l'appartement était meublé exactement comme chez elle, les scouts communistes dont tous les enfants étaient membres pour "rendre service au peuple", la chute du mur où ses parents l'avaient emmenée quand elle avait 6 ans (plein de gens qui te serrent dans leurs bras et qui t'offrent des bonbons, c'est plutôt sympa à cet âge-là)... Et en même temps, elle nous a expliqué que la nostalgie de l'Est (Ostalgie en VO) venait de sa disparition brutale, car l'unification allemande a plutôt été une uniformisation, que l'on a appliqué à l'Est ce qui était en vigueur à l'Ouest sans prendre en compte ce qui existait déjà. Elle nous a ainsi raconté ce qu'elle avait ressenti en tombant sur un livre d'enfant, que tout enfant de la RDA avait eu entre les mains et presque introuvable depuis la chute du mur : pratiquement en larmes devant la vitrine de la librairie, tout comme une femme d'une quarantaine d'années à côté d'elle. Evidemment, c'est autrement plus marquant de l'entendre de la bouche d'une fille à peine plus âgée que moi, que de le lire dans un livre d'Histoire et comme le XXe siècle m'intéresse beaucoup, j'ai été particulièrement touchée par ses propres histoires.
 
Voilà, même si j'ai été un peu longue, tout cela représente ma première expérience CS : une victoire égoïste sur moi-même dont j'avais besoin et une vraie ouverture culturelle que je cherchais. J'ai rencontré des gens vraiment différents qui ont accepté de partager avec moi plus que leur toit : leur vision du monde à leur niveau, leurs goûts et leurs petites habitudes. Que dire de plus à part que je propose également mon canapé en ligne maintenant ? 
 
 
PS : Bien sûr, cette vision idyllique n'exclut pas qu'il peut y avoir des problèmes, mais du moment que le surfeur ne cherche pas uniquement un endroit où dormir gratuitement, il y a de grandes chances que l'hôte accepte volontiers de faire découvrir sa ville et sa culture. 
 

18.09.2007

Le grand retour

Je rassure les quelques lecteurs que je peux avoir (si si, apparemment j'en ai, même si j'ai l'impression que mes stats sont plombées  par des visites de robots spammeurs vue la provenance de certains d'entre eux...), je ne deviens pas mégalo, mais "Le grand retour" sonnait quand même mieux que "I'm back!" ou "Le retour de la quenelle", qui ferait un très bon titre de série Z cela dit.

Je suis donc bien rentrée chez moi, après 12 jours de vacances bien méritées et un sevrage pratiquement complet d'Internet. C'est dire si j'ai eu de quoi rattraper en arrivant : 12 jours d'actualités, de reprise d'activité à laquelle je n'ai pas participé (oui oui, j'en remets une couche), d'absence du petit Nicolas à la radio, dans les journaux et même la télé (ça, c'est des vacances !) et... bien sûr plein de paperasseries à régler, du rangement dont je ne me suis toujours pas acquittée depuis 2 mois et demi, car ma propre rentrée approche à grands pas finalement.

Promis, les notes suivantes seront plus exotiques (ou du moins plus enrichissantes, je vous parle d'Allemagne tout de même) et j'ai effectivement beaucoup de choses à raconter. Il faut encore que je sache dans quel ordre le faire, que je trie mes photos et que je fasse quelques recherches pour illustrer le tout, mais pour le moment des notes se profilent sur la ville de Berlin, le couchsurfing et le rock allemand !

La nouvelle du jour est que mon blog est maintenant à la pointe de la mode automne-hiver en bleu canard et jaune citron, même s'il me reste encore quelques détails à régler avec la colonne de droite quand j'aurai le temps de m'amuser avec Photoshop. D'ailleurs, j'ai dû lutter contre la fièvre acheteuse qui menaçait devant les vitrines des petits et grands magasins. Cependant, je prévois que mes défenses immunitaires vont chuter devant le prochain bâtaillon de pulls, robes, tee-shirts et autres accessoires bleu canard et que je vais craquer. Cela dit, pour une fois qu'une couleur que j'aime et qui me va est à la mode (le jaune et le orange, quand on est une blonde pâlichonne, ce n'est pas terrible), je devrais en profiter (et voilà, je me cherche déjà de nouveaux arguments pour me ruer en centre ville). Remarque, j'ai déjà une raison de sortir de ma tannière puisque pendant mes sessions de rattrapages j'ai découvert que les pages Lyon de Elle étaient en fait pleines de supers conseils. Je partage leur amour de la place Sathonay, des glaces des Enfants Gâtés et des boutiques du passage Thiaffay, dans lesquelles je ne peux évidemment rien acheter, donc je pense que je peux tenter leurs adresses :-). Une bonne surprise, car jusqu'à présent, je ne trouvais pas ce magasine très proche de ma condition d'étudiante provinciale (financièrement et géographiquement parlant). Il faudra cependant attendre avant que les conseils pour être une super maman ne me touchent, mais au moins on ne me prend pas (complètement) pour une écervelée et c'est toujours plus valorisant pour l'égo.

05.09.2007

Bärlin

db0fc9142aaab45762c5aa6dd369b59f.png
 
Je m'apprête à partir pour les vacances les plus improvisées qui soient ! Et pourtant, ce n'est pas faute de m'en être occupée en avance, mais il y a quand même six heures, je ne savais toujours pas où j'allais dormir à Berlin pendant une semaine, alors que je prends l'avion demain...
Cette année, je teste le Couchsurfing, dont vous avez probalement déjà entendu parler, c'est plutôt à la mode dans les reportages de vacances en ce moment. Je trouve le concept génial, dormir chez l'habitant, sur son "canapé" ou plutôt là où il y a de la place, sachant qu'on choisit les gens d'après leur profil. C'est donc également l'occasion de découvrir de nouvelles personnes, d'autres cultures et la ville que connaissent les gens qui y habitent. Jusqu'à présent, je m'étais contentée de trouver le concept génial, mais cette fois-ci je saute le pas et je me lance. Ce voyage a été décidé sur un coup de tête avec ma colocataire durant nos envies d'ailleurs au cours des révisions du mois de juin. Je suis quelqu'un de réfléchi et d'organisé, mais en ce moment cela me pèse et j'ai envie de ne plus gâcher le présent parce que je me préoccupe du futur. Je passe un peu d'une extrême à l'autre et je pense que je vais être servie pendant cette semaine, mais cela me fera du bien :)
 
Pour le moment, on doit attérir dans une auberge de jeunesse (s'ils me répondent...) pour la première nuit, en plein coeur de la ville. Puis on doit boire un verre avec une Française en échange Erasmus pour un an, afin de faire connaissance avec elle avant de passer la nuit sur son matelas gonflable. Ensuite, un Polonais a proposé de nous accueillir pour le week-end et enfin, un Brésilien en vacances, mais qui connaît très bien la ville pour y avoir habité, nous hébergera normalement deux jours la semaine prochaine. En plus, il est architecte-urbaniste, donc je devrais bien m'entendre avec lui.
Bon, il faut avouer que lorsque j'ai annoncé que je partais en vacances à Berlin, beaucoup de gens m'ont regardée avec des yeux ronds, en se demandant bien pourquoi j'allais en Allemagne plutôt qu'au soleil. Tout d'abord, le soleil (et la chaleur), il faut aller bien trop loin pour les trouver, et ce ne sera pas plus mal pour mon teint de blonde (restée en ville tout l'été). Mais surtout, l'Allemagne m'attire. Je fais partie des exceptions qui n'ont pas détesté l'apprentissage de la langue et ma première expérience en Allemagne, un stage ouvrier dans une usine près de Mayence, m'a laissé de bons souvenirs. Et puis, Berlin est la ville européenne la plus intéressante du moment selon moi. L'Histoire du XXe siècle est là-bas, même si ce n'est pas toujours glorieux (le IIIe Reich, mais aussi le jazz des années folles, le cinéma, la réunification Est-Ouest), et la création et l'innovation n'y sont pas bridées, il n'y a qu'à jeter un oeil à la vie alternative qui s'y est développée. En plus, je suis très curieuse de voir comment les deux parties de la ville sont réellement réunifiées après 18 ans.
Voilà, demain, je serai dans une ville que j'ai l'impression de connaître tellement je l'ai étudiée en cours et vue en films et je me demande quel va être le décalage avec la réalité.
Bon, c'est toujours le chaos dans ma chambre, des fringues un peu partout, des guides, billets d'avion, de train... Et à 18h, je suis dans le TGV pour Paris (oui oui, un petit extra :)). Je crois qu'il est temps que je boucle ma valise. 

02.09.2007

La fille coupée en deux

f5bbf080c54c167259399f0db530cf29.jpg

Je débute ma rubrique cinéma avec le dernier film de Chabrol, La fille coupée en deux, que je me suis enfin décidée à voir cette semaine. L'affiche, réalisée par Miss Tic, le casting (j'aime bien Ludivine Sagnier) et le lieu, m'avaient attirée et me paraissaient être des ingrédients suffisants pour que le film m'intéresse. Peu de films se passent à Lyon, donc j'étais curieuse de voir comment Chabrol avait exploité le terrain pour son scénario. J'avoue que le synopsis ne m'avait pas vraiment emballée : "Une jeune femme qui veut réussir dans la vie et dont le rayonnement séduit ceux qui l'entourent, s'éprend d'un écrivain prestigieux et pervers, et épouse un jeune milliardaire déséquilibré." Bon, pourquoi pas... en même temps, il ne faut pas s'arrêter au synopsis, qui ne laisse absolument pas transparaître les subtilités du scénario ni la qualité du réalisateur, de la mise en scène et/ou de la bande son. Donc, après une journée de travail plutôt intense, alors que la ville était balayée par un orage violent, je ne suis pas rentrée chez moi et ai décidé sur un coup de tête de me réfugier au cinéma. Je m'apprêtais alors à être plutôt bon public.

En fait, je me suis plutôt ennuyée et je n'ai absolument rien ressenti, ni pour cette fille qui se fait avoir, ni pour cet écrivain lâche et menteur, ni pour cet héritier pourri gaté qui pète les plombs. Le couple Sagnier-Berléand ne fonctionne pas, la lutte des classes est archaïque et la bourgeoisie qu'il met en scène est dépassée et poussiéreuse. Le film n'apporte donc rien de nouveau et manque sérieusement de fraîcheur, malgré la présence de Gabrielle (Ludivine Sagnier, plutôt bien), seul personnage intéressant et crédible. Mais ma plus grande déception a été l'utilisation de la ville. La caméra se fiche tellement des lieux qu'elle filme que j'ai eu bien du mal à reconnaître certains endroits par lesquels je passe pourtant souvent et j'ai du mal à croire que la régie ait fait réellement son boulot de repérage. Lyon était pourtant une bonne candidate pour illustrer le milieu bourgeois, du quartier d'Ainay, repère de l'ancienne aristocratie un peu désargentée, catho et coincée, au boulevard des Belges, ses halls dorés et dallés de marbre, ses hôtels particuliers et ses ambassades, donnant sur le Parc de la Tête d'Or. Mais non, on aperçoit un instant la place Guichard, qui n'a rien de nantie, quelques rues complètement insignifiantes et une rapide vue aérienne de la ville, histoire de se souvenir où on est. En plus, notre jeune milliardaire déséquilibré, est un flambeur, amateur de belles voitures et de costumes italiens éclatants, alors que la bourgeoisie lyonnaise ne s'affiche pas et ne montre pas vraiment son argent. Mais le pompon revient à la sélection des quelques images de la Fête des Lumières (8 décembre) : le spectacle son et lumière de l'église St Nizier en 2005, le plus ridicule qui ait jamais été réalisé (des anges en 3D sauvent l'église des flammes, accompagnés d'une voix off profonde et habitée...). Le pire, c'est que je ne suis même pas sûre que cela soit voulu, même si cela va de paire avec le côté ringard de la ville qu'il filme. J'avoue, je suis un peu vexée dans ma fierté de lyonnaise, mais en supposant que ce soit l'effet recherché, ce n'est pas exploité correctement. Bref, il n'y a pas grand intérêt à ce que cette histoire (ratée à mon goût) se passe à Lyon et c'est à se demander si ce n'était pas juste pour bénéficier de la subvention Rhône-Alpes, l'une des plus généreuses...

Toutes les notes